mardi 31 juillet 2012

Cannisses de Marcus Malte

Est-ce un court roman ou une longue nouvelle ? Je ne saurai dire. J'ai quand même l'impression que les éditeurs, entre pouvoir d'achat en berne et désaffection pour la lecture, tentent d'attirer le chaland avec des formats courts et un peu moins chers (12€ pour celui-ci). Si l'on rapporte le coût par page imprimée, je ne suis pas sûr que la gagnant soit le lecteur sauf si le texte en vaut la peine.
Sur la ligne de départ (je sens que les jeux olympiques commencent à s'insinuer dans ma tête ) "Cannisses" tente sa chance dans une catégorie un peu rare par les temps qui courent : le polar psychologique.
Nous sommes dans un de ces multiples lotissements dont les parcelles, imbriquées les unes dans les autres, font semblant de donner un peu d'intimité à leurs occupants. Pour peu que les habitations soient séparées par des cannisses aux interstices propices à la curiosité, nous avons là un lieu de tous les possibles. Un homme, jamais nommé, voit sa raison qui défaille après le décès  de Nadine, sa femme, des suites d'un cancer. Il élève seul ses deux enfants, fuyant tout conflit alimentaire en ne les nourrissant que leur mets préféré : les gaufres. Son deuil, son chagrin, son inactivité lui font perdre ses repères. Il flashe sur la maison de ses voisins, pensant que la chance était plutôt dans ce joli pavillon que dans le sien, pourtant mieux exposé. Jour après jour, son unique but sera de pouvoir vivre dans la maison voisine. Et il est prêt à tout pour y arriver...
Froidement, Marcus Malte installe une angoissante intrigue qui d'un quotidien sinistre bascule petit à petit dans une horreur froide mais absolue, jamais décrite ni vraiment nommée. Elle est éludée habilement pour mieux emprisonné le lecteur dans la folie du narrateur. C'est court mais rudement bien écrit et mené.
Un petit livre parfait pour une petite pause à l'ombre avant d'aller à la plage.


2 commentaires:

  1. J'aime beaucoup l'écritue de Marcus Malte mais n'ai pas encore lu celui-ci... que je note, fu coup.

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  2. J'aime beaucoup son écriture. Je le note.

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