samedi 27 octobre 2012

La dette de Rafael Gumucio


Je n'ai pas de chance cette rentrée avec la littérature Sud-américaine. Pas du tout convaincu il y a quelques semaines par "L'esprit de mes pères" de l'argentin Patricio Pron, je ne suis guère plus emballé par "La dette" de Rafael Gumucio.
L'auteur, journaliste de renom, nous raconte le descente aux enfers de Fernando, scénariste et réalisateur reconnu de documentaires. Il est à la tête d'une maison de production à l'esprit familial et amical, qui vit grâce à différentes subventions que l'état chilien lui alloue. Mais un sale matin, son comptable, un homme à l'apparence honnête et discrète, lui annonce qu'il a détourné des millions de pesos, mettant l'entreprise en faillite. Comme cet homme officiait également auprès de tout un tas de personnalités en vue, elles aussi escroquées, l'affaire fera la une des journaux durant plusieurs jours. Juan Carlos, l'arnaqueur, aura le temps de disparaître du pays avant que la police ne lui mette le grappin dessus. Il ne réapparaîtra que trois ans plus tard et sera la cause d'un retentissant procès où la victime va passer au rang de coupable, grâce, ou à cause d'avocats revanchards aux dents longues.
Cela peut sembler intéressant, mais, hélas, ça ne l'est pas énormément. L'auteur fait pourtant des efforts pour nous décrire cette société chilienne des années 90 corrompue jusqu'à l'os. Mais cette toile de fond est masquée par les réactions un peu étranges du héros, mélange de résignation, d'autoflagellation, de charité chrétienne (je tends ma joue gauche puisqu'elle n'a pas été encore frappée) et de vengeance. Jamais je n'ai été en empathie avec lui, le suivant un peu goguenard dans ses réflexions un tantinet pleurnichardes. Rafael Gumucio a beau appeler à la rescousse quelques personnages hauts en couleurs (l'épouse consommatrice de F.I.V, une avocate de 32 ans, vierge et un rien déjantée), ce qui aurait pu être une comédie sociale grinçante, ne reste en fait qu'un roman poussif et sans grand intérêt. Tiré d'un fait divers réel, n'a-t-il pas supporté la traversée de l'Atlantique ? Sans doute. Pour nous lecteur français,  cette histoire qui à fait les gros titres de la presse chilienne a du beaucoup perdre en saveur, les protagonistes étant pour nous de parfaits inconnus. Ce qui devait être au Chili un roman à clefs, devient chez nous le récit assez quelconque d'un scandale financier finalement bien peu original. Et ce n'est pas la quincaillerie psycho-chrétienne autour de la culpabilité et de la découverte d'un soi plus profond qui aide ce roman à sortir du lot et à maintenir le lecteur éveillé.


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