vendredi 14 décembre 2012

Télé gaucho de Michel Leclerc


"Télé gaucho" aurait pu être le récit initiatique d'un jeune provincial (Félix Moati) qui, un peu par hasard, trouve un stage dans une chaîne TV privée. Dans le quartier où il loge, il croisera de doux excités, fondateurs d'une télévision pirate dont le but est de donner un énorme coup de pied dans le traintrain des téléspectateurs du quartier, gavés de séries débiles et de talk-shows ineptes. Seulement, le personnage principal est un peu monolithique, subissant plus les événements qu'il ne les provoque. Hésitant entre argent et résistance, il n'aura guère avancé une fois passée l'heure cinquante deux que dure le film.
"Télé gaucho" aurait pu être une satire féroce sur le télévision (privée ou publique). Emmanuelle Béart, qui incarne avec conviction une sorte d'Evelyne Thomas blonde, est parfaite en animatrice d'émission de témoignages minables mais est finalement trop lucide pour que la critique porte réellement ses fruits. Et puis, peut-on être mordant quand on est coproduit par TF1 et France-télévisions réunis ?
"Télé gaucho" aurait pu être un film gauchiste, pointant du doigt tous les dysfonctionnements d'une société en perte de repères. Les nombreuses incursions au sein de manifs diverses et variées contre l'avortement, pour les sans-papiers, ne sont hélas que des passages sans grand intérêt. 
"Télé gaucho" aurait pu être une bonne comédie sur un mouvement libertaire dans les années 90 mais, hélas, on ne sourit pas beaucoup devant cette bande de gaucho menée avec détermination par Maïwenn, un  peu outranciers et surtout bourrés de clichés (le bourge du 16ème qui cache ses origines, la militante bornée,...). De plus, le scénario, qui se veut choral, peine à s'intéresser à tous ces personnages.
C'est sympathique quand même, un peu foutraque. Ca se veut aussi un peu fou, faisant passer en arrière plan un chameau ou un joueur de didgeridoo, mais on se demande si tout cela n'est pas un peu too much. On regarde gentiment s'agiter Sarah Forestier, toujours aussi pétillante de naïveté mais comme son personnage devient assez vite secondaire, la fin du film sombre dans un ennui distingué (elle a préféré le didgeridoo, plus long, plus dur, à son terne Victor).
Dommage, car après "Le nom des gens" qui était une gentille comédie pleine de pep's, j'avais espéré que "Télé gaucho" aurait eu une saveur autre que celle d'un film mollasson et mal fichu.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Woman at war de Benedikt Erlingsson