samedi 8 décembre 2012

Un léger bruit dans le moteur de Jonathan Munoz et Gaet's



Vous aimez les enfants, leur douce nature angélique, affectueuse et inventive, dont les rires sonores emplissent l'espace d'une maison ? Vous pensez que les enfants, petits monstres d'égoïsmes attendrissants, sont les compléments parfaits pour qu'une vie soit, non pas un long fleuve tranquille mais une bulle de bonheur faite de partage et d'amour ? Alors fuyez cet album, votre angélisme pourrait en prendre un sacré coup !
La couverture déjà évite toute ressemblance avec d'autres héros du même âge. Vous n'avez jamais imaginé que le Petit Nicolas puisse se présenter à vous, un couteau serré dans le dos face à une voiture en feu. Pourtant le jeune héros d'"Un léger bruit dans le moteur " parle un peu comme lui mais en plus trash. il dit par exemple : "Je ne tue jamais le dimanche."....parce qu'en semaine, il ne se prive pas ! C'est rigolo, il a envie de tuer tous les affreux habitants de cet abominable hameau où aucune voiture ne passe. Et il le fait sadiquement, tranquillement, sans l'ombre d'un remord. Bon, ils sont tellement affreux ses voisins que bizarrement, on n'a pas vraiment pitié pour eux, même quand ils trépassent de façon cruelle. Mais cette histoire est vraiment sombre, très sombre, on ne voit jamais la lumière. Les illustrations qui vont de l'ocre au bleu métal sont vraiment crépusculaires. Seul le texte à la tournure enfantine éclaire un temps soit peu le propos volontairement provocateur. Le pire, peut être, est que cet enfant ne nous est pas totalement antipathique. On arrive à le trouver touchant, comme si de cette boue poisseuse émergeait un être à sauver.
Cette histoire ambigüe est un OVNI (objet volontairement nuisible et iconoclaste) dans la production actuelle. Tout y est finement maîtrisé, du texte au dessin. Reste un propos qui peut heurter sauf si l'on adopte l'attitude d'en rire (jaune). Cet univers décalé fait d'"un léger bruit dans le moteur", une BD vraiment originale que l'on aurait tort de snober.

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