dimanche 3 mars 2013

Mammouth d'Antonio Pennacchi



"Ah, enfin un livre qui va de me sortir de ces milieux universitaires suffisants ou du monde des bobos qui accaparent 80 % de la production romanesque actuelle ! me suis-je dit en ouvrant "Mammouth" d'Antonio Pennacchi. Enfin un roman sur le monde ouvrier, écrit par un ouvrier !"
Un très bel avant propos nous raconte à la fois le périple de l'auteur qui, après une maîtrise de lettres, est devenu "l'écrivain-ouvrier" le plus connu d'Italie, ainsi que l'histoire de ce livre qui a été refusé par toutes les maisons d'édition durant huit ans.
"Les salauds ! pensai-je en moi-même, ils ne publient que leurs copains nantis et bien introduits !  Ils pensent sûrement qu'une plongée dans un monde qu'ils ignorent n'intéressera personne dans la bourgeoisie lectrice, seule clientèle estimable." C'est avec envie que je me suis plongé dans ce récit de lutte ouvrière dans une usine de câblage et du choix quasi cornélien que Benassa, son virulent délégué syndical, aura à faire.
...Et j'ai déchanté et compris pourquoi tant de refus. A aucun moment je n'ai été happé par cette histoire. L'écriture est plate, brouillonne et guère portée vers le partage. Si vous n'êtes pas italien et si vous n'avez pas travaillé chez SUPERCAVI, l'usine en question, vous aurez du mal à vous sentir concerné. Mal fichu, désordonné, j'ai lu, mais sans aucun plaisir. Bien sûr il y a ici et là quelques anecdotes croustillantes mais j'ai eu beaucoup de mal à me passionner pour ces personnages brossés à l'emporte-pièce. Benassa, l'ouvrier qui sert de fil conducteur à ce récit, syndicaliste acharné au bout du rouleau, se révèle assez terne et peu empathique. Et si dans la deuxième partie du livre, j'ai eu un petit sursaut d'intérêt au moment des propositions alléchantes qui lui sont faites par une direction prête à tout pour s'en débarrasser, cela n'a pas suffi pour gagner mon adhésion. L'auteur n'arrive jamais à faire partager sa passion, sa hargne ou ses aspirations sauf quand il parle de son outil de travail, une grosse machine à fabriquer du câble, mais là, c'est moi qui n'accroche pas à cette évocation mécanique des plus soporifiques pour un intello comme moi.
Je suis désolé de le dire, mais dans "Mammouth", je n'ai vraiment apprécié que l'avant-propos, c'est à dire huit pages ! C'est peu !

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