samedi 9 mars 2013

20 ans d'écart de David Moreau


Qu'est-ce qui fait qu'une comédie romantique est réussie ou pas ? C'est la question que je me suis posé en sortant de la dernière réussite du genre, "20 ans d'écart", qui,  trois ans après "L'arnacoeur", arrive à réveiller l'enthousiasme des spectateurs aux coeurs tendres.
Je fais d'abord un sort au réalisateur. Pas besoin d'être une grosse pointure reconnue ou un spécialiste du genre, David Moreau avait précédemment co-réalisé deux films d'épouvante et rien ne laissait présager autant d'humour, de charme et de pep's dans sa première réalisation solo.
Pour qu'une comédie fonctionne, il lui faut surtout un bon scénario. Dans "20 ans d'écart", l'idée de départ est bonne et qui plus est, encore peu traitée dans le cinéma français : le phènomème "cougar". Mais, l'idée ne suffit pas à faire un bon film, ça se saurait. Ici, on sent bien que le scénario a été bien travaillé et bien développé. En se focalisant uniquement sur l'histoire d'amour sans y adjoindre, façon remplissage, un quelconque faux suspens ou une action parallèle inepte, le film y gagne en crédibilité. En le situant dans l'univers d'un magazine féminin branché, les scénaristes ont fait merveille. Le thème de la femme mûre séduisant un jeune homme pour garder sa place de rédactrice en chef, est exploré sans complexe, jouant habilement sur les emballements, les hésitations des personnages principaux aux caractères plus nuancés qu'à l'habitude dans ce type de comédies. En contre-point, ils ont créé toute une galerie de personnages secondaires épatants qui apportent un éclairage comique ou même subtilement sociologique à l'histoire. Comme le casting des seconds rôles est particulièrement soigné, le spectateur est à la fête. Charles Berling, en père queutard, amoureux d'une copine de son fils, Camille Japy, en soeur aînée cherchant à fourguer à l'héroïne le moindre célibataire qui passe sont épatants. Mais celle qui m'a emballé, c'est Blanche Gardin qui campe Patrick, une photographe hallucinante de vanité et de méchanceté. En deux ou trois scènes, elle nous offre un des meilleurs moments du film qui, par ailleurs en compte beaucoup.
Avec cette base fignolée, il manque l'ingrédient essentiel : le couple vedette, celui qui va agglomérer les rêves et les émotions du spectateur. Et là, bingo ! Double bingo ! C'est Virginie Efira et Pierre Niney qui ont été choisis et ils sont tout simplement FORMIDABLES !!!
Aussi crédible en rédactrice en chef stricte et coincée qu'en cougar faussement allumeuse, en femme mûre hésitante qu'en amoureuse décomplexée, Virginie Efira est délicieuse, drôle, émouvante bref irrésistible. Face  à elle, Pierre Niney, à mon avis LA star de demain, possède une chose rare : il est un personnage à lui tout seul, un mélange de charme, de tendresse et de comique comme on en rencontre peu au cinéma. Comme c'est en plus un comédien hyper talentueux et généreux, il forme avec Virginie Efira un couple totalement craquant.
Vous l'aurez compris, j'ai pris un énorme plaisir à la projection de "20 ans d'écart". Ce n'est pas le chef d'oeuvre du siècle, mais sûrement la comédie la plus réussie de l'année. Bonne humeur garantie !




4 commentaires:

  1. Réponses
    1. Tant mieux, il n'y a pas que moi qui ai craqué on dirait....

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  2. Tiens tiens une petite séance lors du printemps du cinéma, pourquoi pas.
    Bon dimanche

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  3. Bonsoir, entièrement d'accord pour dire que c'est une comédie réussie, c'est charmant, pétillant. On s'attendrait même à une suite. Bonne soirée.

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