dimanche 4 mai 2014

Barbecue d'Eric Lavaine


Cela vaut-il le coup de s'inviter au "Barbecue" de Mr Lavaine ? Je ne le pense pas. Malgré une brochette de comiques et Lambert Wilson, notre George Clooney à nous, même avec une grosse dose de mayo, le film ne décolle jamais.
Ils sont beaux....enfin, surtout Lambert Wilson, bronzé, la barbe taillée au millimètre et un semi-remorque de tenues impeccablement coupées prévues par la production, afin de mettre en valeur (ou de camoufler) son impeccable silhouette de cinquantenaire.
Ils sont pétés de thunes.... genre nouveaux riches frimant en Porsche Cayenne (ici placement de produit dans mon blog par la firme allemande, persuadée que mes lecteurs sont de futurs acheteurs), louant des demeures de rêves dans les Cévennes pour boire du château Petrus au bord de la piscine.
Et figurez-vous qu'ils aiment les barbecues ces amis de 25 ans ! Oui, ils adorent se retrouver autour de saucisses grillées (et de belles pièces de boeuf aussi ) tellement ils s'apprécient. Ca c'est le film qui le dit parce que nous, devant l'écran, on doute un peu de l'alchimie tellement tout le monde à l'air de faire son petit numéro dans son coin.
Pour qu'il y ait un semblant d'histoire, on colle un infarctus au personnage de Lambert Wilson et du coup, il décide de changer radicalement de vie. Alors que pour conserver son allure de beau mâle, il n'a pas fumé, bu et mangé gras depuis la sortie de l'adolescence, boudant les conseils de son médecin, il décide de faire le contraire. Du coup, en plus de ne plus draguer des créatures de rêves de 25 ans d'âge car trop fatigant, il voit son groupe d'amis d'un autre oeil. Yves qui le faisait tant rire avec des blagues nulles, devient un affreux raseur, Jean Mich  encore plus débile qu'avant et Baptiste un épouvantable jaloux de Claudia, son ex femme, la seule qu'il puisse encore supporter.
Vous suivez ? Evidemment que vous suivez, vous avez déjà vu ça cent fois. C'est un genre à lui tout seul le film de copains vieillissants ! La seule originalité (?!!) du film est d'avoir calqué "Les petits mouchoirs " ( de sinistre mémoire pour moi) et d'avoir remplacé Marion Cotillard par Florence Foresti, évidemment bien plus drôle, mais qui ne peut, malgré son abattage, sauver le film du naufrage. Le scénario est lesté par une avancée en gros sabots et lié par d'énormes ficelles qu'on croyait réservées à des téléfilms passant sur D8 en quatrième partie de soirée. Les comédiens, sympathiques et super contents de passer leur été dans une belle baraque en buvant des grands crus, s'amusent plus que nous. Plat et sans charme, le film patauge dans une piscine bleue des mers trop chlorée pour qu'on garde les yeux ouverts.
Le seul intérêt de "Barbecue" (et en plus le réalisateur espère faire une suite intitulée "Plancha"....non, on ne se moque pas !) réside sans doute dans la manière dont on l'a vendu au public. Si vous vous êtes rendus ces dernières semaines dans une quelconque salle d'un de ces multiplexes qui fleurissent partout en ce moment, vous n'avez pu échapper à une série de teasers des scènes du film qui pouvaient passer pour drôles. Le hic est que ce sont les seules à peu près réussies. Une fois devant l'écran, le spectateur n'a plus aucune surprise, le restant de l'oeuvre n'ayant pas tout à fait la même tonalité, car la comédie se donne en fait un genre doux/amer. Cela explique la déception du public qui a rempli la salle hier soir et qui, à la sortie, maugréait qu'il s'était encore fait avoir. Exit le bouche à oreille positif ! Mais la production avait dû voir le ratage et a donc misé sur une première semaine d'enfer pour rentabiliser les vacances de sa troupe.
Après voir donné mon obole pour rembourser le quart d'une demie gorgée de romanée conti (il n'y a pas que le pétrus qu'ils aiment les nouveaux riches !), je suis rentré à la maison, boire un verre d'eau (marque distributeur tout de même), honteux et confus, jurant, mais un peu tard, que l'on ne m'y prendrait plus.


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