lundi 15 janvier 2018

Festival Premiers Plans d'Angers, 30 ème !


C'est le trentième numéro d'un festival qui n'arrête pas de devenir un rendez vous de plus en plus incontournable pour toute une génération de jeunes créateurs européens mais aussi pour les spectateurs qui se ruent en masse à toutes les projections. Il faut dire qu'il est gâté le public avec des rétrospectives Agnès Varda, Pedro Almodovar, les Monthy Python, Kornel Mundruczo et une remarquable sélection d'oeuvres autour de la famille. Ainsi, on a pu revoir hier "Le souffle au cœur" de Louis Malle( 1971) où l'on a constaté que si les ados d'aujourd'hui sont nettement meilleurs à l'écran, il est beaucoup moins certain par contre qu'en 2018 on y aille aussi franco contre la famille, les religieux et la représentation du corps nu adolescent à l'écran.
Le festival c'est aussi une compétition de premiers longs métrages et une sélection de courts métrages tous européens ( France comprise bien sûr!).
Pour les courts métrages, deux sélections ont été proposées ( et j'en ai raté une !!!). Dans le premier programme français, très éclectique, je noterai "Déter" de Vincent Weber, sorte de "Pauline à la plage" version Grau du Roi et banlieue lyonnaise très réussi, comme si Eric Rohmer avait passé sa vie dans le 9-3.
Côté longs-métrages, quatre films ont été projetés : un italien et trois français. "Il figlio, Manuel" a ouvert la compétition samedi nous plongeant dans un film social qui montre bien que Dario Albertini vient du documentaire. Malgré déjà quelques prix dans d'autres festivals, le film ne m'a pas vraiment convaincu. Par contre les trois films français présentés ensuite ont tous les trois été des chocs pour les spectateurs. Le premier " La nuit a dévoré le monde" de Dominique Rocher qui se situe dans un Paris occupé par des morts vivants a fait sursauter plus d'une fois les spectateurs de leur siège. Mais le réalisateur s'écarte très vite de ce fond gore trop genré pour nous livrer un film étonnant plastiquement, magnifiquement interprété par Anders Danielsen Lie et un étonnant Denis Lavant dans un rôle muet.
Hier, la salle est ressorti sur les nerfs mais émue de "Jusqu'à la garde " de Xavier Legrand qui avait déjà impressionné à Venise cet automne ( et ramassant quelques prix) avec un drame social autour du divorce et du harcélement;
Mais pour moi, le plus grand choc est venu de "Les garçons sauvages" de Bertrand Mandico, film inclassable qui n'a laissé personne indifférent ( avec des emballés mais aussi, comme souvent lors d'une proposition hors norme, des réfractaires ). C'est une sorte de conte cruel lyrique, sexuel et d'aventures, une proposition esthétique magnifique avec un noir et blanc somptueux, racontant le redressement de cinq jeunes bourgeois en rupture de ban, pris en main sur un rafiot par un capitaine hollandais étrange. Les cinq garçons sont joués par cinq comédiennes bluffantes ( dont Vimala Pons extraordinaire). Il y a des décennies que je n'ai pas vu un film français osant un tel univers avec une telle maîtrise visuelle et scénaristique. Sa sortie est annoncée pour la fin février ...on en reparlera !

Et comme le temps est compté, j'arrête là mon bavardage et file à une leçon de musique et de cinéma avec Axelle Ropert, car le festival d'Angers, c'est aussi plein de rencontres passionnantes qui sont, rappelons-le, toutes ouvertes au public !



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