mardi 9 janvier 2018

Le réconfort de Pierre Daymé



Quentin. C'est le personnage central du roman. On le rencontre à Malmö. Il fuit l'appartement de Kristian. Le narrateur le croisera plus tard en Corse. Un soir, ils partageront un lit. Et puis la vie passe comme les très nombreux amants consommés grâce à une application mobile. La vie est joueuse. Elle remettra ces trois protagonistes en relation. Pour le meilleur ? Pas sûr !
Nonchalamment, "Le réconfort" nous invite dans ces trois vies. Au départ on pense que c'est peut être l'histoire d'un chagrin d'amour, puis non. Peut être une histoire d'amour ? Pas plus. Le roman semble se diriger vers un portrait générationnel d'hommes consommant du sexe à tout va. Non plus. Au fur et à mesure que nous avançons, la mélancolie sous-jacente du départ devient plus présente. Quentin apparaît alors comme un regret, comme un amoureux que l'on a laissé filé, comme quelqu'un de fuyant, de fugace mais que l'on ne peut oublier, comme quelqu'un qu'on aurait pu mieux aimer, pour qui on aurait peut être dû s'extraire de cette routine de consommé/jeté.
La consommation d'objets et/ou de corps, palliatif à cette solitude ultra contemporaine,  fait passer à côté de l'essentiel nos héros qui évoluent éperdus dans cette cage de verre qu'est cette vie mondialisée. De Berlin en passant par la Bretagne, la Corse et la Suède, nous les voyons s'enfoncer, inéluctablement. L'écriture en demi-teinte donne une certaine distance au texte, comme si en appuyant un peu trop sur ces blessures, l'auteur avait peur de la douleur. Peut être y-a-t-il une part autobiographique... je ne sais. J'y ai pensé...
Je ne suis pas totalement convaincu par ce premier roman, fragilisé par une narration simple et peu empathique. Reste quelques jolis moments d'écriture avec notamment des passages qui touchent juste, comme ces deux hommes ensemble  ( " Nous faisons l'amour comme on pleure le corps d'un enfant qui n'a peut être jamais existé -un désir d'enfant. Nous faisons l'amour comme un couple essaie d'oublier sa stérilité et espère encore. ")  ou cette simplissime description d'une plage méditerranéenne : " L'absence de vent et de marée figeait le paysage. La mer était plate. Elle allait et venait doucement, sans s'aventurer au-delà de la ligne nacrée qu'elle avait déposée sur le sable, comme une berceuse murmurée. Chaque heure s'écoulait, identique à la précédente." ( l'auteur nous parle ici, d'une petite plage Corse, pas de Palavas les flots ou Cannes!).
Oui, il y a un joli talent qui se cache derrière cette histoire un peu atone, un peu léthargique voire un poil réservée à un lectorat gay... Attendons un nouveau roman pour nous faire une meilleure idée.

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