mardi 27 décembre 2011

Ceux qui auraient du avoir le succès des intouchables, d'Adèle ou de Marc Lévy

Plutôt que de faire le best of de l'année ou les pires films, livres, disques de 2011, j'ai choisi un film, un disque et un livre qui, à mon humble avis, auraient du rencontrer le succès. Le public est passé à côté, à tort ou à raison (pour moi à tort, mais bon, je ne suis pas seul juge) mais avant qu'ils ne tombent complètement dans l'oubli, je leur donne un dernier coup de projecteur.

FILM 2011: Tomboy de Céline Sciamma
L'histoire est simple. Profitant d'un déménagement, Laure décide de se faire passer pour un garçon auprès de enfants de son immeuble.
Comme pour son premier film, "La naissance des pieuvres", la réalisatrice s'interroge sur la sexualité. Ici, le film, mené comme un thriller, est un vrai chef d'oeuvre d'ambiguité, jouant avec une accumulation de pistes plus ou moins signifiantes et qui nous installe dans un inconfort très troublant.
A redécouvrir en DVD sans attendre.


DISQUE 2011: En t'attendant de Mélanie Laurent

Le premier album de Mélanie Laurent m'a vraiment accompagné tout l'été. La voix, plutôt agréable (j'ai horreur des chanteuses à voix, plus elles crient moins elles ont de choses à dire ) est très joliment mise en valeur par une production soignée et raffinée. Malgré une forte présence médiatique de l'actrice, le disque n'a pas trouvé le chemin des radios...
Kiss est le deuxième extrait de l'album de Mélanie Laurent paru au printemps dernier.

LIVRE 2011 : Le premier été d'Anne Percin aux éditions du Rouergue

Vous trouverez mon avis dans la rubrique livre.

Ici pas de clip mais je vous livre un extrait de ce roman qui m'a emballé cet automne.

" Pendant la sieste, je désertais mon grenier pour m'occuper des poules à qui je jetais des reliefs de repas, les regardant d'un air absent déchiqueter les nerfs et le gras de la viande... Ou bien, étendue sur l'herbe haute dans un coin du jardin que Pépé ne fauchait qu'après l'été pour faire la litière aux lapins, je regardais s'agiter sous moi des vies infimes et grouillantes. Cette observation n'avait rien d'éthéré : le soleil me chauffait le dos et la peau, j'avais les cuisses mordues de piqûres d'insectes et m'obstinais à demeurer stoïque, malgré les fourmis qui me couraient sur les jambes et les bras.Leur marche, que rien n'arrêtait, me causait des frayeurs, je les sentais approcher de mes oreilles, de mon nez, s'aventurer sous le tissu du short, je craignais qu'elles n'envahissent d'autres lieux... Je me secouais, je les sentais encore grimper le long de mes jambes. Effrayée, je me levais, rouge de chaleur et de honte, pour les sentir toujours sur mes cuisses. Je tirais sur les élastiques de ma culotte, secouais mon T-shirt, soudain folle d'angoisse à l'idée que les fourmis aient réussi à s'infiltrer ailleurs, dans les poils, dans les trous, dans le puits mystérieux où je n'osais même pas mettre les doigts."


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