jeudi 8 décembre 2011

Shame de Steve McQueen


Beaucoup de bonnes rumeurs précédent "Shame" de Steve MacQueen. Si celles-ci, pour moi, se sont révélées exactes, je ne suis pas sorti de la salle enthousiaste.
Si vous avez lu la presse, vraiment dithyrambique (sauf les inrocks, comme d'habitude), on allait en prendre plein les yeux. Et c'est vrai, on est cloué au fauteuil dès le début, succession de scènes de sexe et de plans très rapprochés de Brandon, trentenaire new-yorkais, à l'aise financièrement, au physique avantageux, qui enfile des filles comme d'autres des perles mais qui est seul, très seul. Je vous rassure, il se masturbe aussi, partout, tout le temps et avant de s'endormir, il s'excite également sur internet. Il est sex addict mais cela n'a pas l'air de le rendre heureux du tout, ses yeux éteints, froids et perdus glacent le spectateur.
Brandon, c'est Michaël Fassbender. Il est totalement impressionnant et mérite amplement son prix d'interprétation à Venise. Il faut dire qu'il paye de sa personne, donnant à son personnage une intensité incroyable. Si nous n'ignorons rien de son intimité à cause (ou grâce diront certain(e)s) à la caméra du réalisateur, toujours collée à lui, le suivant amoureusement dans son chemin pavé de sexe, c'est pour mieux entrer dans cet enfer quotidien dans lequel il est enfermé. Et là, le réalisateur, fait des merveilles, multipliant des plans audacieux sans être vulgaires, stylisés sans devenir ampoulés, le tout enveloppés avec une musique somptueuse.
Mais voici que débarque chez lui, sa soeur, Carey Mulligan  encore une fois très bien, jeune chanteuse paumée, à la recherche de l'affection de son frère. Leur relation houleuse va petit à petit devenir le déclencheur de la prise de conscience de la part du héros, de son état de dépendance.
On pourrait penser que j'ai adoré cette description talentueuse d'une maladie dont le cinéma ne s'est guère emparé pour l'instant. Cependant, j'y mettrai un bémol. Le résultat est visuellement impressionnant, les scènes de sexe, pourtant crues, jamais aguicheuses, les comédiens parfaits et la musique finement choisie.
Cependant, je trouve que le scénario patine un peu au fur et à mesure que se déroule l'histoire pour arriver à une fin un peu trop mélo à mon goût. J'ai l'impression que l'on a privilégié le style au détriment d'une analyse plus poussée du personnage central, comme si la virtuosité d'une caméra et d'un comédien suffisait à pallier les manques d'un scénario pas assez ambitieux.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Woman at war de Benedikt Erlingsson