samedi 31 décembre 2011

La délicatesse de David et Stéphane Foenkinos

Quand je me suis assis dans mon fauteuil pour la projection de "la délicatesse", je ne m'attendais à rien de bien merveilleux. La production romanesque de David Foenkinos ne m'emballe pas et cette manie, prévue vraisemblablement sur leurs contrats rudement négociés par des agents littéraires, qu'ont maintenant les auteurs à adapter leur best-seller au cinéma, n'a pas donné jusqu'à présent des chefs d'oeuvres inoubliables (le Houellebecq de sinistre mémoire).
Résultat de la projection: une comédie romantique très agréable et très plaisante qui m'a fait passer un très bon moment.
Tout d'abord un grand coup de chapeau aux deux acteurs principaux, Audrey Tautou et François Damiens, absolument épatants. Ils incarnent à merveilleuse, elle, cette jeune veuve murée dans son deuil et investie uniquement dans son travail et lui, ce suédois moche, maladroit mais tendre. Ils sont touchants et complètement crédibles, même si François Damiens n'est pas totalement moche  et Audrey Tautou n'a pas la trempe d'une Yoko Ono, de celles qui sont capables de briser le plus grand groupe de rock du monde (réplique du film).
Ensuite, et c'est l'autre force du film, ils sont entourés de vrais seconds rôles, tous parfaitement campés par des acteurs de choix. Mention spéciale à Bruno Todeschini en patron, porté sur le harcèlement et amoureux transit et à la toujours épatante Joséphine de Meaux qui en meilleure amie de l'héroïne, prouve l'étendue de son registre en sortant un peu des coincées ou des fofolles que l'on se plait à lui faire jouer habituellement.
Bien sûr, ce n'est le chef d'oeuvre de l'année. On sent bien que les réalisateurs ont eu un peu de mal à adapter le livre, hésitants entre narration classique, moment clipesque et utilisation de voix off. Qu'importe aussi qu'Audrey Tautou soit aussi mal habillée, un festival de fringues plus moches les unes que les autres, aux couleurs hideuses et aux imprimés douteux (quand vers la fin du film, elle doit revêtir les vêtements de sa grand-mère, elle est presque chiquissime).
Toutefois, cette comédie romantique dégage un parfum délicat, en délivrant un très joli message romantique mais pas niais. En critiquant le regard formaté de nos contemporains, obnubilés par l'apparence des choses et des êtres, elle sait devenir ironique et grinçante, en douceur et avec une vraie délicatesse. C'est le petit plus qui me fait recommander ce film à tous ceux qui aiment passer un bon moment au cinéma, avec de bons acteurs et sans prise de tête excessive. Un vrai spectacle pour bien finir ou commencer l'année.

PS : ceci est mon centième posts depuis mi-août. Je suis heureux qu'il soit consacré à un film agréable.
Je profite de l'occasion pour remercier toutes les personnes qui viennent me lire (quel courage!) et je leur souhaite une merveilleuse année 2012 pleine de découvertes, de bonheur et de joies.
A l'année prochaine sur le blog ou ailleurs...


3 commentaires:

  1. Bonne année 2012 ! J'ai lu "La délicatesse" hier et j'ai passé un bon moment même si je sais que je l'oublierai bien vite. Je regarderai sans doute le film à sa sortie en DVD.

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  2. Oui, une belle surprise et une oeuvre marquante même si le début n'est pas très utile, de même que les voix off. D'excellents acteurs, en symbiose.

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  3. Non, Audrey Tautou est tres bien habillée dans ce film. Tu oublies également de dire que les musiques du film, composées par Emilie Simon, sont magnifiques et correspondent parfaitement à l'univers du film.

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Tabarnak de Cirque Alfonse