jeudi 8 novembre 2012

Etrange suicide dans une Fiat rouge à faible kilométrage de L.C. Tyler


C'est bien, pour une fois, je ne vais pas m'étendre sur le résumé de l'intrigue, tout est presque raconté dans le titre. Ce que je peux rajouter, c'est que Géraldine, la suicidée, est l'ex femme d'Ethelred (joli prénom mâle), écrivain grisâtre, coincé et ennuyeux, auteur de polars pour vieilles bigotes et de romans d'amour type Harlequin en plus soft encore. Il est le narrateur de cette histoire en compagnie d'Elsie son éditrice mal embouchée et parfait contraire. Tous les deux vont se lancer dans une enquête pleine de rebondissements, chacun racontant à tour de rôle, et selon son caractère, l'enchaînement parfait d'une multitudes de péripéties.
Quand j'ai commencé la lecture d'"Etrange suicide dans une Fiat rouge à faible kilométrage", j'ai tout de suite été conquis par le ton rempli d'humour de la narration. Le duo principal répond parfaitement aux critères premiers de toute bonne comédie : parfaitement antinomiques, lui flegmatique et poussiéreux, elle débordante d'énergie et dotée d'un franc parler réjouissant. Ca pétille et ça fuse à toutes les pages. On rit et on est happé par cette intrigue, somme toute assez basique, mais rudement bien fichue, car menée tambour battant de chapitre en chapitre. Je me suis dit : "Si c'est comme ça jusqu'à la fin, je tiens là un polar coup de coeur !"
Bon, pas tout à fait quand même. Si l'histoire est passionnante jusqu'au bout et même si on voit venir le dénouement grâce aux indices éparpillés négligemment par l'auteur au fil des pages, le ton savoureux et décalé subit une petite baisse de régime dans le dernier tiers du livre. C'est un peu dommage et peut être la faute aux extraits des romans ratés de l'écrivain, pas tout à fait inutiles psychologiquement, mais un peu plombants (normal, c'est un auteur ennuyeux, même si sa prose léthargique est savoureuse au troisième degré).
Quoiqu'il en soit, si vous aimez les polars à l'anglaise mais retravaillés façon humour décalé, vous passerez un très bon moment.

PS : Notons que derrière cette très attrayante couverture, les éditions Sonatine, à leur habitude, nous offrent un résumé particulièrement dithyrambique. Si je reprends leur dernière phrase, je suis d'accord avec "Sans jamais se départir de l'humour et de l'élégance qui font toute la saveur des romans policiers anglais classiques, il (L C Tyler) revisite tous les clichés du genre", je suis un peu plus sceptique avec la suite qui ajoute :" et nous offre un thriller au suspens implacable, diablement moderne et jubilatoire"...
Ici, ça tient du boniment de foire. Oui c'est moderne et jubilatoire mais suspens implacable... faut pas exagérer ! J'avais déjà été dupé par le côté alléchant de leur présentation d'"Avant d'aller dormir", polar lent et raté, l'an dernier, alors depuis, je me méfie.
Je comprends bien qu'il faut vendre du livre. Celui-ci est réussi, tant mieux, mais n'allez pas croire que vous lirez le suspens de l'année. Non, c'est drôle, bien fichu, détendant et c'est tout. Mais c'est déjà énorme par les temps qui courent, raison du plus pour le poser dans votre pile à lire.

1 commentaire:

Woman at war de Benedikt Erlingsson