vendredi 25 janvier 2013

Dali à Beaubourg, mode d'emploi





Si par hasard vous avez envie de vous rendre à la rétrospective Dali à Beaubourg, il va vous falloir faire preuve de patience (même avec un billet coupe-file), jouer du coude et bien ouvrir les yeux si vous ne voulez pas rater l'essentiel.
Première chose indispensable, avant de vous jeter dans la cohue des amateurs du divin et génial artiste, documentez-vous, lisez un des nombreux hors-séries que les magazines ont publié ces derniers temps, vous en aurez besoin pour apprécier les nombreuses toiles, sculptures, photographies, voire films qui jalonnent cette exposition. L'oeuvre est foisonnante, polymorphe, il faut prévoir au moins deux heures si vous voulez vraiment en avoir une vision globale.
Une fois que vous avez atteint le dernier étage de Beaubourg, vous aurez envie de vous jeter dans la cohue des visiteurs et vous négligerez peut être de vous arrêter dans l'oeuf qui sert d'entrée à l'exposition. Sur  cette coquille toute blanche est projetée une photographie de son assistant Philippe Halsman qui représente le maître, nu, replié en foetus, bien au chaud, rappelant que Dali gardait en mémoire de nombreux souvenirs de sa vie intra-utérine...
L'exposition débute vraiment avec, bien sûr quelques oeuvres de jeunesse et notamment des portraits assez classiques représentant son père et sa soeur au physique pas évident. Vous pourrez les admirer aisément, la foule passant devant en les ignorant royalement, cherchant déjà d'un regard avide les tableaux les plus célèbres.
Il y a de fortes chances si vous déambulez au pas de course ou au milieu de la bousculade, que vous loupiez l'un des clous de l'expo, à savoir " Les montres molles" , gracieusement prêté par le MOMA de New York.
Personnellement, j'imaginais que ce chef d'oeuvre était un grand tableau. Hé bien pas du tout, c'est un tout petit format  ( 24 X 33 cm) et comme il est accroché dans une sorte de kiosque au milieu de petits dessins, au moment où je suis allé l'admirer, il n'y avait personne devant alors que la moindre grande toile était quasi inaccessible.
Je ne vais pas égrener chacun des tableaux exposés, mais "Le grand masturbateur" est inévitable par sa force  évocatrice et la concentration des thèmes récurrent chez l'artiste : présence d'oeuf, d'insectes suite au souvenir traumatisant de la découverte par Dali d'un hérisson mort, en état de décomposition et couvert d'insectes nécrophages, mais aussi du paysage de falaises de Cadaquès, Comme cette toile correspond au moment de  sa rencontre avec sa muse Gala, le narcisse, fleur la représentant, ne fera son apparition que plus tard dans sa peinture.
Ceci dit, si vous traînez vos enfants à cette expo, il pourra être intéressant de leur faire chercher tous les tableaux où l'on voit  des fourmis (la paix pendant 20 minutes). Si cela ne suffit pas, faites leur rechercher ceux avec des oeufs, puis des narcisses et si au bout de tout ça vous les sentez près de commettre un acte proche du surréalisme, comme montrer ses fesses à la dame pincée en bleu marine avec serre-tête ou se rouler par terre en criant des horreurs, une seule solution : sortez !
On peut passer des heures à ausculter chaque peinture tellement elles sont foisonnantes... mais au bout d'un moment vous ferez peut être la queue au milieu de jeunes japonaises hilares pour vous prendre en photo dans la reconstitution de "Mae West". Assis sur un canapé en forme de bouche pulpeuse, l'ex star du cinéma des années 30 semblera ne faire qu'une bouchée de votre personne et atterrira inévitablement sur votre page Facebook, prouvant ainsi votre présence dans ce qui est, cet hiver avec Hopper, le lieu où il fallait être allé.
Sans être vraiment" fou du chocolat Lanvin" (oui, oui, la pub est projetée !) vous passerez un moment très divertissant tellement l'oeuvre de Dali est unique, multiforme et totalement surréaliste. Il y a du monde certes, mais cela vaut vraiment le déplacement, vous en prendrez plein les yeux!


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