samedi 6 avril 2013

La maison de la radio de Nicolas Philibert


"Elle est là, immobile, elle raisonne,
Sa présence me rassure et me plaît
Quand j'entends défiler les personnes,
Des mots, des airs, des histoires,
A la radio. "
On aurait pu entendre cette chanson de la Grande Sophie au générique de ce documentaire de Nicolas Philibert.   Trop facile bien sûr, mais tellement vraie.
En plantant sa caméra dans la vénérable maison ronde de l'avenue du Président Kennedy, le réalisateur avoue n'avoir eu aucune idée de ce que serait son film au final. Et nous assistons à une ronde de séquences d'un matin banal au matin banal suivant, sans souci de chronologie événementielle. Cela donne une mise en images des voix, des sons, sans que cela ressemble à une compilation d'animateurs ou de genre musicaux. Nous entrons ainsi de plain-pied dans cette institution, sans guide, au gré du bon plaisir d'une caméra qui sait bien saisir les visages et le voix. On y croise des personnages que l'on prend plaisir à retrouver tout le long de la projection, la sensible réalisatrice de pièces radiophoniques, Marguerite Gâteau ou la pétulante ordonnatrice d'infos, Marie-Claude Pincon-Rabot. Mais, sauf, si l'on est un auditeur assidu des programmes de Radio-France, on risque de se sentir perdu dans cet assemblage un peu hétéroclite de séquences. Toutefois, certaines scènes attirent notre attention, notamment celle de cette émission littéraire pointue, où une écrivaine, un peu perdue, fait face à un animateur compassionnel et dont l'échange de regards en dit long sur le monde qui les sépare ou celle où le journaliste Hervé Pochon dialogue avec un chasseur d'orages.
Et puis, c'est la grande qualité de ce documentaire, il souligne l'extraordinaire foisonnement de cette maison, la passion de son personnel pour les voix, pour donner aux sons, quels qu'ils soient, leurs lettres de noblesse. Apparaît alors l'énorme chance d'avoir en France une telle maison, qui permet à des créateurs venus de tous les horizons, de faire entendre leur voix parfois vraiment singulière.
Nicolas Philibert rend un bel hommage à cette richesse sonore, cette qualité d'écoute, cette proximité qu'est la Maison de la Radio. observateur unique d'un artisanat radiophonique, il offre ici un bel hommage à un trésor national. Qu'il en soit remercié !


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