jeudi 18 avril 2013

Après moi le déluge d'Alex Beaupain





C'est indéniable, l'excellent quatrième album d'Alex Beaupain signe son entrée dans la cour des grands si l'on en croit l'empressement médiatique de ces derniers jours. Couverture de Télérama plus quatre croches de note, journée spéciale sur France Inter, critiques à genou. C'est sûr, les trompettes de la renommée retentissent aux oreilles du chanteur. Ca renouvelle un peu le paysage de la chanson française de jeter ainsi en pâture au grand public, ce talentueux auteur/compositeur et ce n'est pas moi qui oserait dire le contraire. Cependant, en tant que fan de la première heure, je mettrai un très léger bémol à ce concert de louanges.
Oui, je l'avoue, j'attendais avec impatience ce nouvel opus et, comme souvent quand on attend beaucoup... Attention, déception toute relative, car un disque d'Alex Beaupain, c'est la certitude de textes modernes et finement écrits. Et ici, dans "Après moi le déluge", l'écriture est parfaite pour décrire le vie amoureuse contemporaine et ses aléas. Seulement, je n'ai pas éprouvé cette fois-ci cette évidente originalité des débuts. En allégeant ses chansons des thèmes récurrents qui jusqu'ici inspiraient ses textes, à savoir, la mort de l'être aimé et cette errance sexuelle qui a suivi, Alex Beaupain a surement plus de chance d'agrandir son public, mais il enlève cette singularité qui le faisait sortir du lot. 
Certains titres, même formidablement bien écrits, n'évitent pas le déjà fait ou le déjà entendu. Pour qui découvre le chanteur, ce n'est pas bien grave, mais le fan reste un peu sur sa faim. N'en déplaise à Télérama, "Je suis un souvenir " ne me semble pas être LA grande chanson annoncée pas plus que "Je peux aimer pour deux" ou "Pacotille". ( Mais peut être que l'écoute répétée de cet album feront émerger  ces titres pour le moment moins originaux)
Cependant, ce nouvel album recèle des pépites, enrichies de sonorités très fin des années 60 et d'une trompette omniprésente, qui vont enchanter le mois qui viennent : "Grands soirs", déjà sur les ondes depuis deux mois, mais aussi "Quarantaine", belle analyse du temps qui passe et de la vieillesse qui pointe, "Après moi le déluge" pour son côté pop song à l'anglaise. Mais les chansons les plus accrocheuses sont nées de la collaboration d'Alex Beaupain avec d'autres artistes :  Julien Clerc, retrouvant son inspiration des années 70,  offre avec "Coule" un titre reconnaissable entre mille mais rudement réussi, La Grande Sophie attrape l'oreille avec la mélodie implacable de "Contre le vent", et quant à l'alliance avec Christophe Honoré, elle donne le morceau le plus abouti et le plus fort de l'album "Baiser tout le temps". 
Vous l'aurez compris, même si je fais la fine bouche sur deux misérables titres, "Après moi le déluge" est bien l'album le plus évident d'Alex Beaupain, celui qui, je l'espère, le portera au Panthéon de la chanson française, ce Panthéon qui regroupe ces artistes qui savent si bien en quelques mots simples, décrire profondément nos vies, nos pensées et nos tourments. C'est du grand art et il est temps de reconnaître à Alex Beaupain le titre de chanteur français de ce début de siècle. 





5 commentaires:

  1. Bonjour je ne connaissais pas et à la première écoute je trouve qu'il a la voix de Patrick Bruel...
    Merci pour vos billets musicaux que j'aime à lire

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  2. Une jolie émission! http://www.franceinter.fr/emission-latelier-latelier-dalex-beaupain

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  3. Belle découverte récente grâce aux gens dans l'enveloppe(encore merci). Mais il n'est jamais trop tard pour découvrir un artiste!
    J'adore particulièrement "les grands soirs"... Quant à la quarantaine, j'ai encore un peu de temps pour vraiment m'imprégner des textes! En attendant j'écoute 35 ans de Ben Mazué(vu que les 25 sont loin). Vous connaissez?am

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  4. Je connais Ben Mazué de nom ....et si je regarde bien dans ma musicothèque (?!) itunes, j'ai téléchargé un titre ....rarement écouté. Tiens, je vais me le mettre pour m'endormir! Merci de me faire sortir de sentiers trop rebattus !

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    1. J'espère pour vous que c'était un titre doux comme un "chamallow"...et moins triste que "vivant"(bien que très beau) pour s'endormir...(et oui, je suis sûre que je vais réussir à vous en faire écouter d'autres!)

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