jeudi 4 avril 2013

Perfect mothers d'Anne Fontaine





Deux grandes amies très proches depuis l'enfance, la quarantaine belle, ont chacune un fils de vingt ans. Elles s'ennuient un peu, finissent par accepter les sollicitations du fils de l'autre et couchent avec. Elles savent bien que cela ne durera pas, une jeunesse plus fraîche mais pas forcément plus ardente, leur enlèvera leur fringant étalon. Sous le soleil australien, la passion de ces cougars dérangeantes ira jusqu'au bout de sa logique impitoyable : l'amour, la passion, plus forts que les bonnes moeurs.
Anne Fontaine aime de temps en temps dans son cinéma, déranger le spectateur. "Nettoyage à sec" voyait l'irruption de la bisexualité dans la vie d'un propriétaire de pressing. "Nathalie" jouait sur le fantasme du ménage à trois. Dans "Perfect mothers", on navigue entre inceste, lesbianisme et passions interdites. Ces thèmes d'ailleurs ont été jugés totalement dérangeants par certaines ligues de vertus américaines qui ont manifesté leur mécontentement lors du festival de Sundance où le film était présenté.
Vu d'Europe, cette hystérie laisse sceptique. Le film élude élégamment certains de ces aspects, comme l'homosexualité latente des héroïnes, en une courte scène pas réellement convaincante. Mais surtout, le propos est énormément adouci par une esthétique de papier glacé particulièrement présente ici.
Je ne vais pas reprocher à la belle Naomi Watts et à la magnifique Robin Wright d'être totalement éclatantes à l'écran, divinement habillées et furieusement séduisantes. Mais cette image somptueuse, ces plages paradisiaques, ces intérieurs somptueux filmés comme pour figurer au concours du plus beau fond d'écran, atténuent sensiblement le propos dérangeant du film. On suit sans réticence ces passions peu ordinaires, mais avec cette distance qu'impose un univers trop clinquant et trop chic. Tout est beau, parfaitement manucuré mais il n'y a plus d'aspérités. Ce qui aurait pu s'avérer dérangeant n'est plus que joliment transgressif. Ces beaux corps ardents qui par moment se frôlent, s'encastrent, s'en trouvent déshumanisés et ne feront guère frétiller de désir le moindre poisson tropical.
Si feuilleter "Madame Figaro" chez votre coiffeur est pour vous un plaisir, si la consultation de brochures de voyages vous comble d'aise (et si, comme moi, la vue de Robin Wright vous ravit), "Perfect mothers" est fait pour vous, avec juste  une touche de poivre pour relever le tout. Cependant, même si le voyage est agréable pour les yeux, le dernier film d'Anne Fontaine ne laissera que le souvenir diffus d'un film qui aurait pu être un rien plus poil à gratter.


1 commentaire:

  1. Moi je n'ai pu résister au plaisir d'aller voir Robin Wright et Naomie Watts...images, décors, héroïnes subliment...un réel moment de détente...une chose est sûr, j'aurai bien accepté le rôle du poisson exotique...rien que pour approcher Robin qui est magnifique.

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