mercredi 24 avril 2013

On/off d'Ollivier Pourriol


A en croire le rumeur qui court autour du témoignage d'Ollivier Pourriol sur son passage à Canal Plus, "On/off" pourrait passer pour le règlement de compte d'un ancien chroniqueur du "Grand journal", l'émission phare de la chaîne. Rancoeurs, révélations, scoops peoples, un peu de voyeurisme sur cette émission culte, voilà exactement les ingrédients que l'on ne trouvera pas dans ce livre...ou pas tout à fait. 
Ollivier Pouyrriol, romancier, philosophe, bardé de diplômes, est arrivé un peu par hasard dans ce talk-show, suite à, un passage remarqué lors de la promo d'un de ces précédents bouquins. Recruté comme caution intellectuelle voire littéraire de ce programme très formaté, il passera une saison presqu'en enfer, à essayer de caser ses chroniques littéraires au milieu du verbiage promotionnel. Trop naïf, pas assez caméléon, insuffisamment pugnace, il ne trouvera jamais sa place dans ce milieu de requins. 
Composé uniquement de dialogues avec les producteurs de l'émission, les rédacteurs en chef, les animateurs ou ses amis, "On/off" est une comédie noire et amère sur le vide télévisuel. Car plus qu'un livre de révélations ( on n'apprend pas grand chose en fait), c'est plutôt le portrait d'un Candide à la télévision ainsi qu'une analyse sur le pouvoir lénifiant du petit écran, pouvoir aux mains de personnes déconnectées de la réalité, naviguant au gré des sondages d'opinion et des attachés de presse, des taux d'audience et de l'idée que le téléspectateur doit être nourri comme un poulet de batterie bas de gamme. 
"On ne veut pas de l'intelligence, on veut les signes de l'intelligence" dit cyniquement l'auteur. C'est exactement ce que fait l'émission à l'aura surdimensionné qui ne propose, malgré une vitrine portée sur l'actualité chaude, qu'un semblant de pertinence, plus prompte à servir la soupe qu'à réellement éclairer le téléspectateur. 
Tout cela n'est pas vraiment d'une originalité folle, on le sait tous, mais qui ne s'est pas laissé porter par ce programme, pour qui,  un peu intéresser beaucoup de monde est préférable à intéresser peu de monde ? Qu'est allé faire Ollivier Pourriol dans cette galère ? Avait-il la vanité d'insuffler un peu de culture, d'intelligence et de poésie dans un monde qui n'en a cure ? Attiré un peu par les lumières de la pseudo célébrité, retenu par un salaire démentiel, il naviguera dans la chaîne à péage sans jamais trouvé les bons vents porteurs. Son livre raconte ces interrogations, gentiment, simplement. On y rencontre de la poésie et des citations de Deleuze. C'est très facile à lire, pas impertinent pour deux sous. Ce sera vite oublié même si on passe un agréable moment, un peu comme quand on regarde "Le grand journal", émission qui finalement est arrivée à déteindre jusque dans ce livre. Trop fort !




2 commentaires:

  1. Bon et bien décidément on a les mêmes lectures en ce moment. Mais celui je ferais une note aussi, alors chuuuut.
    ;)))
    a+
    YF

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  2. Oui, les mêmes lectures mais les prochains ça m'étonnerait que tu t'y plonges dedans... ce sont des lectures induites par différents sites ou éditeurs... (reviens le 13 mai, tu verras)

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