mercredi 9 octobre 2013

Tout m'échappe de Jérémie Kisling



J'ai découvert Jérémie Kisling lors d'un séjour en Suisse en 2010 je crois, où "Le bec dans l'eau", composition rigolote de son précédent album passait sur la radio Suisse Romande. Un téléchargement plus tard, et, hop, "Antimatière" passait en boucle toute la journée. Finesse des compositions et belles mélodies pas faciles m'avaient conquis. J'attendais donc avec impatience la sortie d'un nouvel opus. Une écoute de quelques titres sur son site ne m'avait pas emballé et c'est avec une pointe d'appréhension que j'ai acheté son album cette semaine. Comme j'avais tort ! Cet album marque une vraie évolution pour Jérémie Kisling. Sans jamais abandonner l'exigence de ses compositions, peu formatées pour les radios FM, ni même pour France Inter bien que "Je ne suis pas de celles", composition sur les femmes au physique que l'on ne remarque pas, est sur leur play-list, il nous offre un disque à l'élégance délicate et sensible. C'est l'oeuvre d'un artisan mélodiste hors pair. D'arrangements sensibles et gracieux ("Un coeur en papier")  en morceaux piano/voix ( "Le lierre et le rosier" aux envolées à faire frissonner), tout vous caresse l'oreille avec infiniment de douceur malgré la tonalité assez sombre de l'ensemble. Si le piano et la guitare sont très présents dans la plupart des chansons, j'ai noté la présence quasi originale en 2013 de la flûte traversière sur "Je veux tout avoir", morceau délicat sur l'adolescence, mais aussi la confirmation chez cette génération de chanteurs trentenaires, de l'omniprésence de la trompette, instrument jugé ringard depuis des décennies et qui, ici, apporte une touche nostalgique totalement bienvenue. L'autre réussite de cet album, c'est la qualité des textes de Jérémie Kisling, entre poésie et mots allusifs, décrivant un univers assez triste sans que jamais rien ne soit appuyé, juste surlignés par un regard tendre mais lucide sur nos vies modernes. 
Pour vous donner l'envie d'aller écouter  "Tout m'échappe", sachez qu'il y a un magnifique duo avec Jeanne Cherhal qui concentre tout l'univers de Jérémie Kisling en un seul morceau...
Alors, si vos oreilles tombent sur le nouvel album de ce chanteur Suisse, il y a de fortes chances qu'elles  n'échapperont pas à la réécoute continue de ce petit bijou de douceur et de talent. 


Je veux tout avoir (live)


2 commentaires:

  1. Je ne savais pas qu'il était suisse :-) Mais moi aussi j'avais bien aimé Antimatière, découvert en bibliothèque...s'ils ont le 2e opus, je le prendrais !!!

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  2. J'ai découvert Jérémie Kisling lors de la sortie de son 2e album "Le Ours", du coup j'ai aussi acheté le 1er "Monsieur Obsolète", et c'est avec beaucoup de plaisir que j'ai accueilli l'arrivée du 3e album "Antimatière" qui ne m'a pas du tout déçu. Je viens de recevoir le 4e aujourd'hui et mes oreilles sont ravies ...

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