mardi 1 octobre 2013

Ratburger de David Walliams


Il semblerait que les anglais aient trouvé un digne successeur à Roald Dahl en la personne de David Walliams. Et c'est vrai que lorsque l'on ouvre "Ratburger", son nouveau roman pour la jeunesse, visuellement la similitude est frappante.  Même l'on a troqué Quentin Blake pour le talentueux Tony Ross pour illustrer le texte, on retrouve cette énergie tonique qui faisait le charme des " Sacrés sorcières" et autre "James et la grosse pêche".
Quand on se plonge dans l'histoire, pas besoin de retrouver son âme d'enfant, le plaisir est immédiat, signe de tous les bons romans, quels qu'en soient les destinataires principaux.
Les aventures de la petite Zoé, 12 ans, vivant au 37ème étage d'une tour qui penche avec son père chômeur et déprimé et son horrible belle-mère grande consommatrice de chips arôme crevette ont un peu le même parfum que les personnages de "Charlie et la chocolaterie" ou "Matilda", celui de la pauvreté digne en butte à l'ignominie ambiante.
La jeune Zoé rêve de dresser un rongeur pour en faire des spectacles et c'est quand elle rencontrera Armitage, le jeune rat au fort potentiel acrobatique, que ses ennuis vont commencer. Constamment harcelée par sa rude voisine Tina mais surtout par l'ignoble Burt, le dératiseur/vendeur de hamburgers, la pauvre héroïne devra faire preuve de beaucoup d'inventivité et de malice pour échapper à l'emprise des ignobles individus qui l'entourent.
Ce roman, démarrant sur les chapeaux de roue, m'a agrippé dès les premières pages grâce à un humour décapant et ravageur. J'ai été épaté par la dextérité romanesque de l'auteur qui manie les mots et les allusions avec un plaisir évident . Même s'il use parfois un peu trop des longues onomatopées (sur une page entière quelquefois), le récit fonctionne remarquablement bien, se permettant en plus de s'offrir un sous-texte assez sympa sur la malbouffe.
La dernière partie, efficace mais un peu plus convenue,  est un mélange (hommage ? ) à la fantaisie de Roald Dahl et à "Chicken run " des studios Aardman. Mais le roman garde toutefois ses pouvoirs de séduction et retombe sur ses ses pieds avec une morale cruelle mais de bon aloi (mais peut-on écrire un bon roman pour enfants sans cruauté ? ). Ici, il y a un vrai savoir-faire, tous les ingrédients y sont bien amalgamés et sauront de toute évidence plaire à un vaste public de 8 à 88 ans...
Livre lu dans le cadre de l'opération coup de coeur des lecteurs organisée par la librairie DECITRE et son site de lecteurs ENTREE LIVRE

3 commentaires:

  1. Je suis en train de préparer une commande pour le CDI de mon collège et j'ai choisi de ne pas le commander ce matin car je n'ai pas encore lu de critiques et je ne savais pas trop à quoi m'en tenir. Ton avis va peut être me faire revenir sur ma décision....

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    1. Tu trouveras (normalement) d'autres avis sur le site Entrée Livre qui me l'a fait lire... Disons pour résumer, c'est dur Roald Dalh plus court et plus facile à lire ...

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  2. Je l'ai lu aussi dans le même cadre et j'ai apprécié également cette lecture :)

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