samedi 28 mai 2016

Mourir et puis sauter sur son cheval de David Bosc


C'est un texte assez court mais d'une densité folle. Partant d'un fait divers survenu à Londres vers la fin du Blitz, Davis Bosc invente le carnet intime d'une jeune artiste peintre d'origine espagnole qui s'est jetée, nue de l'appartement de son père.
Le roman commence de façon haletante sur ce drame inexpliqué, embraye un peu comme un polar ( Pourquoi s'est-elle suicidée ? ) puis continue surtout par une plongée dans les pensées de la jeune femme, Sonia, via ses écrits retrouvés dans son atelier par son père. Le texte proposé nous immerge dans la tête de cette fille rebelle, éprise de liberté et la vivant au mépris des autres dans un Londres en ruine mais fleurant la possibilité d'un monde nouveau. Mais tout ne tourne pas bien dans sa tête, la folie la guette, puis la gagne complètement. Les idées fusent, se mélangent, se télescopent. Les sangsues la fascinent, la mythologie et ses métamorphoses l'obsèdent, la liberté dont elle rêve n'a pas la saveur qu'elle voudrait dans cette Angleterre encore très corsetée. Elle pose son désarroi sur ses toiles, sa fureur aussi. La réalité se trouble peu à peu, la déraison la gagne jusqu'à ce geste ultime de se dévêtir complètement et de se jeter du ...heu ...quatre-vingts pieds, ça fait quel étage ?
Le journal recréé par Davis Bosc, très écrit, est un peu touffu, usant de références et sautant d'un avis sur Sigmond Freud à un autre sur la littérature, de  son expérience à Summerhill à comment arriver à tuer une poule. On y rencontre Lucian Freud et Zarathoustra est souvent cité. Ce montage insensé ne manque pas de grâce, ni de poésie, cherchant à nous faire pénétrer et appréhender cette folie grandissante. Sur ce plan là, c'est très réussi mais lorsque à la fin nous découvrons ce portrait en noir en blanc, petit médaillon perdu sur une page, l'émotion est réelle mais arrive sans doute un peu tard, comme si cette profusion de phrases bien écrites, bien pensées, cette lente progression vers le brouillard opaque d'une folie peut être trop intellectualisée, avait fait écran à une possible empathie.
"Mourir et puis sauter sur son cheval" ( quel beau titre original !) a l'avantage d'être court et peut donc se découvrir avec curiosité. De là à s'emballer, je ne le pense pas, je suis personnellement resté au trot. 

1 commentaire:

  1. L'écriture de David Bosc est très dense, trop dense parfois

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