jeudi 14 juillet 2016

Casino d'hiver de Dominique Besnehard



J'aime de temps en temps lire les souvenirs de ceux qui font partie de " cette grande famille " du cinéma. C'est mon côté people qui ressort sans doute, aimant quand on entrebâille légèrement la porte de cet univers de rêve et de paillettes. Je me fais guère d'illusions, ce genre d'ouvrage conjugue souvent le verbe admirer sous tous les modes, tous les tons, parfois laisse glisser une vacheries mais sert quand même d'auto-congratulation parfois énervante.
Dans " Casino d'hiver", on n'échappe pas à cette déferlante d'amour envers tout un tas de comédiens, metteurs en scènes ou autres artisans de la machine 7ème art hexagonale. Il faut dire à la décharge de Dominique Besnehard qu'il a toujours aimé les stars de cinéma, des plus inconnues aux plus populaires et ce depuis sa plus tendre enfance. Et cet amour ne dégouline pas d'entre les pages mais, surprise, irrigue son livre. Il n'a pas son pareil pour décrire telle star ( alors, au hasard, Marlène Jobert, Nathalie Baye, ...) sous son jour le plus amical, le plus gracieux, le plus amoureux parfois, mais il n'oublie que dire aussi combien ce statut peut les rendre quelques fois irritables, égocentriques, mesquines, âpres au gain ou distantes. Son regard est celui de quelqu'un qui n'arrive pas à croire que fils d'épicier sur la côte normande, il ait pu ainsi, à force de volonté mais aussi de charisme et de culot, vivre au plus près des personnes qui l'ont fait rêver.
Mais ce livre ne s'arrête pas là, il est aussi la description précise du cinéma français des années 70/80, ses jeunes vedettes émergentes, souvent issues des castings sauvages de ce formidable flaireur de talents, qui commencent à tailler des croupières à des stars sur leur déclin ou de comment Claude Sautet, Pierre Granier-Deferre vont laisser petit à petit leur place à des réalisateurs comme Jean-Jacques Beineix, ou au tonitruant Maurice Pialat. Au fil des pages réapparaissent aussi des noms un peu oubliés, disparus des radars comme Wadeck Stanczak ou Aurelle Doazan, petites vedettes éphémères d'un monde sans pitié qui en a brisé aussi beaucoup, ce que le livre ne cache nullement.
En lisant tous ces rendez-vous, ces incessantes conversations quasi quotidiennes avec toutes ces vedettes qu'il cocoone sans relâche, ces voyages un peu partout dans le monde, le vertige nous prend. Mais comment Dominique Besnehard arrive à vivre tout cela ?  C'est sans doute l'amour et la passion  de ce travail que l'on devine acharné. Aussi curieux  que gentil ( c'est du moins l'image qu'il se  donne ), aussi attentif aux autres que respectueux des artistes qu'il représente, celui qui a pris plaisir à jouer une foultitude de seconds rôles au cinéma ou à la télévision, déroule une ribambelle d'anecdotes parfois piquantes mais toujours bienveillantes. Cela pourrait être dégoulinant, ce n'est que l'expression de toute la reconnaissance d'un homme passionné à ceux qui ont illuminé sa vie. Et mêmes'il a connu des blessures ( sa passade Ségolène Royal), des doutes, des malheurs, ce plaisir à chercher, trouver le talent partout et souvent dans des lieux inattendus, cet oeil qui a su repérer tant de stars actuelles reste toujours aussi vif même quand il s'agit, comme ici, de faire partager son amour des gens de cinéma.
C'est vrai, j'ai dévoré le livre comme une midinette à qui on raconte de belles histoires. Oui, j'ai tourné ces pages avec avidité, peut être un peu avec la curiosité d'un lecteur de magazine people ( du coup, je me suis remis à niveau...) mais surtout, avec le plaisir de quelqu'un qui va au cinéma et qui aime qu'on lui parle de ce monde pour lui inaccessible et donc troublant. 

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