lundi 7 novembre 2016

Parachute de Mélanie Pain



Alors que l'automne s'installe avec ses jours trop courts, son manque de soleil, j'ai la chance d'avoir fait une rencontre que je qualifierai de sensuelle. Depuis une semaine, le retour des écharpes est oublié, je m'adonne à la douceur et au bonheur de vivre, accompagné par Mélanie...Mélanie Pain.
Nous nous étions déjà croisés en 2009  ( My name, premier album) où elle était copine avec un jeune nommé Julien Doré ( "Helsinki" duo très réussi)... Puis, nous nous sommes perdus de vue. C'était peut être un peu de mon fait, sans doute plus attiré par d'autres, mieux diffusés. Et soudain, elle est réapparue, un peu changée, ayant abandonné les guitares, préférant un piano et quelques instruments électros et surtout plus fragile mais avec une féroce envie de caresser la vie sous toutes ses coutures.
Mélanie est une fille franche. Avant de débuter notre relation, elle tient à ne rien cacher de son passé que l'on devine douloureux, peut être un peu dépressif, mais qu'elle assume. Dans " Comme une balle ", morceau d'ouverture de ce troisième album, elle se dit "En sursis au fond du silence...je suis une femme devenue folle ".  Mais " Presque droit, je tiens, de travers, je tiens, je tiens debout." me rassure-t-elle dans des volutes électros mélangées à de sourdes percussions du plus bel effet.
Cette franchise me plaît et c'est avec délice que je m'offre à elle pour l'accompagner sur ce nouveau chemin. La tendresse dont on a tous tant besoin surgit et je plonge, emporté par la caresse de ses "lèvres de rubis sur ma peau nue.". Sa douce voix délicatement acidulée s'enlace avec les notes du piano qui fait culminer l'étreinte.
Ce moment  de sensualité passé, on se confie bouche contre oreille. Après les corps, la parole se libère. Les souvenirs d'hier reviennent, cruauté de la vie qui nous prend des proches qui finissent " Dans une boîte". Je commence à comprendre l'ombre de tristesse qui passe dans sa voix.
La nudité nous allant si bien, nous sortons un peu sous un chaud soleil accompagné de vents brûlants, "Là où l'été", dans une ambiance aquatique et minérale, enveloppe nos corps et nos peaux pourtant habillés des voiles caressants d'une mélodie imparable. Et même si quelques larmes perlent au coin des yeux de Mélanie, la chaleur ambiante les fait s'évaporer. " On dirait" que les douces envolées de sa voix ondulent dans l'air chaud.
Il nous a fallu rentrer, retrouver la ville, la civilisation. Accompagné des programmations virevoltantes de " Pristine"  vient le temps des questions existentielles : "Are you ready to burn until the very end ? "  me demande-t-elle. Et devant ma réponse affirmative, elle redevient plus tendre, voulant que je lui dise " Le mot", en passant, un peu trop tard sans doute, mais fort, fort, fort. Le piano s'emballe, alors que fesses contre fesses, je lui dis le mot tant attendu. " Au fond, il se pourrait que je t'aime" me chuchote -t-elle dans "Jette" , morceau incandescent et prenant qui me fait complètement chavirer.
Arrivé à ce stade, je lui laisse me prendre la main et je suis près à la suivre jusqu'au bout du monde. Sur un air de bossa, elle choisit "Rio", peut être notre ultime voyage car ses doutes la reprennent. Mélanie se dresse, sa voix devient plus grave. Les quelques notes que le piano égrène en fond accompagnent son désarroi. " L'amour n'est plus tout à fait jeune et beau, le corps chante une étrange et triste mélodie".  D'un bout à l'autre, cela sent la fin .
Oui c'est bien fini....Mais aucune tristesse de ma part. Mélanie me quitte... L'avantage de vivre des amours sur platine, c'est que l'on peut recommencer, encore et encore, se laisser envoûter par sa voix cristalline et douce, se laisser bercer par ses mots tendres et parfois sombres et découvrir que chaque nouvelle écoute est toujours plus belle, toujours plus dense et toujours aussi sensuelle.
Cette pépite s'intitule "Parachute". C'est écrit et composé par Mélanie Pain. je n'aurai qu'un seul mot : Plongez !



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