mercredi 8 mars 2017

De plus belle de Anne-Gaëlle Daval

Voici un feelgood movie ( un film qui fait du bien pour les non anglophones ) sympathique comme tout malgré quelques défauts inhérents au genre.
On a tout d'abord un héroïne quarantenaire qui vient d'avoir un cancer du sein et dont l'arrêt récent de la chimiothérapie l'oblige encore à porter une perruque. Les traits tirés, les yeux cernés, arborant continuellement une tête des mauvais jours assortie de remarques acerbes face aux hommes qui osent malgré tout l'aborder, Lucie sombre petit à petit, la vie lui apparaissant comme un long chemin de compromissions voire en sursis. Deux hasards dans la vie lui feront un peu relever le nez : la rencontre avec Clovis, célibataire séducteur qui va chercher à voir au-delà des apparences et avec Dalila, une sorte de gourou thérapeute qui apprend aux femmes à se réapproprier leur corps et à affirmer leur féminité quelque soit leur âge, leur carrure ou leur handicap.
De de chose l'une, ou l'on se laisse aller à cette histoire très sympathique, au discours positif et féministe et l'on passe un excellent moment ou alors on voit les ficelles du genre, et l'avis sera un poil plus mitigé. Je fais partie du second groupe...
Le projet de mettre en avant une histoire de femme cherchant à réapprivoiser son corps ( si tant est qu'elle ne se le soit jamais approprié...) demeure un vraie sujet porteur. L'idée d'en faire un de ces film qui fait du bien, aussi. Seulement en respectant les conventions du genre, avec  l'inclusion d'une histoire d'amour, apporte ici son lot de situations  assez improbables. On a un peu de mal à croire que le séducteur charmeur et fringant, beau gosse qui ramène une femme différente dans son lit tous les soirs, puisse s'intéresser une seconde à cette Lucie... Autre petit détail que l'on remarque. Le film a été tourné en plein été sans doute. Florence Foresti arbore un bronzage de publicité pour crème solaire. On est donc content pour elle, surtout qu'elle incarne une femme sortant de maladie, totalement fâchée avec son enveloppe corporelle. Et lorsque durant sa thérapie, elle doit se mettre avec beaucoup de difficultés, nue sur une scène, apparaît un corps intégralement bronzée sans l'ombre d'une trace de maillot de bain... Pour une complexée encore malade, on se dit que ce n'était pas la peine de faire autant de chichis alors que l'on pratique le nudisme....
Et pourtant, lorsque Matthieu Kassovitz ( le bellâtre) est face à Florence Foresti ( la femme blessée) , on laisse assez vite de côté les quelques  réticences et on finit par vouloir y croire un peu car les deux comédiens sont épatants ( les dialogues aussi). Le film fait sa promotion, avec raison,  autour du premier rôle dramatique de Florence Foresti, qui, il faut le dire est absolument parfaite et arrive à faire oublier les quelques petits détails notés plus haut.  C'est vrai qu'elle est vraiment épatante Florence !  La comique préférée des français ose, avec talent, laisser tomber sa faconde habituelle  et même se moquer d'apparaître un peu moche à l'écran. On me dira que c'est peut être le lot des comiques, une sorte de passage obligé afin d'acquérir plus de crédibilité, mais là, c'est une plongée intégrale. J'en veux pour preuve la scène que j'appellerai des nez, où les deux interprètes principaux comparent leur appendice nasal.... Franchement, je n'avais jamais remarqué que Florence Foresti en possédait un aussi peu terrible. Du coup, durant les deux ou trois scènes suivantes on le remarque ....pour bien vite l'oublier et se laisser emporter par l'histoire. C'est, avec les comédiens parfaits, l'autre force du film, faire oublier les ficelles du genre pour entraîner le spectateur dans son sillage bienveillant et son message d'espoir féministe. Au milieu d'un scénario archétypal, la réalisatrice glisse des scène savoureuses, émouvantes ou finement décalées, le film est très fort pour déjouer les codes dans lequel il semble s'embarquer.
Au final, on sort du cinéma ragaillardi. Malgré un sujet qui peu apparaître plombant, à l'humour en demi-teinte, à l'émotion à fleur de peau, "De plus belle" nous donne une bouffée d'espoir et un peu de force pour affronter la vie. Alors, malgré quelques facilités scénaristiques, pari gagné pour ce premier film qui ne devrait décevoir personne.





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