jeudi 9 mars 2017

L'amant noir de Etienne de Montéty


Le titre pourrait évoquer quelque liaison adultère avec un homme à la peau couleur d'ébène.... cela aurait pu, mais nous en sommes très loin. "L'amant noir " du titre, c'est l'opium que va consommer jusqu'à sa mort Fleurus Duclair, héros désuet de ce roman d'un autre âge.
Issu d'une famille versaillaise bien née et cultivant jusqu'à l'extrême le bon goût et la bienséance, le jeune Fleurus deviendra officier dans l'armée, le prestige de l'uniforme sauvant facilement les apparences. Plus porté sur la poésie et l'écriture théâtrale, le fringant lieutenant, après avoir brillé durant les combats de la guerre 14/18, connaîtra un bonheur certain lors de sa mutation à Constantinople. En plus de trouver l'amour sur les rives du Bosphore, il épatera toute la colonie française du secteur en écrivant, jouant et mettant en scène des pièces théâtres où des vers de mirlitons se mêlent à des intrigues sirupeuses. C'est au faîte de cette gloire locale qu'il découvrira l'opium, qui chassera un spleen qu'il traîne depuis son retour des tranchées.
Le roman nous narre donc la vie de Fleurus et de son addiction à ces petites boules noires qui le conduiront petit à petit à sa perte. L'action se situe globalement de la première à la deuxième guerre mondiale. Et il n'y a pas que l'action ! Le style aussi tout comme la manière de traiter ce sujet. Si cela est un hommage à la littéraire de cette époque,  c'est réussi. Seulement, et je ne sais pas si vous avez déjà lu quelques romans des années 20 ou 30, genre Ernest Pérochon ( et ce n'est pas le pire ) ou Victor Margueritte, cette littérature a bien mal vieilli.  J'ai eu l'impression étrange avec cet "amant noir", de replonger dans un monde suranné. Bien sûr, le récit emprunte les sentiers de l'édifiant. La drogue, c'est mal évidemment, cela n'aide en rien la création ( dont il est pas mal question dans ce roman). La douairière avait également raison quand elle s'opposait au mariage de son fils avec une métèque, cela n'amène jamais rien de bon. Nous suivons  ce récit dans lequel court un hommage à Pierre Loti et son orientalisme avec un certain étonnement que l'on puisse écrire de cette façon en 2017. Même si on nous fait grâce de pas mal de descriptions, rien ne dépasse de ce récit empesé.
L'ensemble se lit sans réelle passion, mais arrive toutefois à mener son lecteur à bon port sans trop d'ennui, un peu comme un roman d'autrefois retrouver par hasard dans un grenier et lu par curiosité. "L'amant noir " a la saveur d'un temps qui n'existe plus, mais existe-t-il de nos jours des lecteurs friands de ce genre de madeleine ? 

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