dimanche 12 février 2012

La conversation de Jean d'Ormesson


Je l'avoue humblement, je n'avais jusqu'à présent jamais lu un seul livre de Mr Jean d'Ormesson. Je me suis toujours contenté de ses nombreuses péroraisons, saillies et conversations dans les nombreux talk-shows où l'on ne manquait jamais de l'inviter. Je parle au passé car j'ai l'impression, l'âge venant sans doute, que l'on voit de moins en moins le vénérable académicien sur notre petit écran.
Bref, s'il se montre moins, il écrit toujours et cette conversation en est la preuve. Bien sûr, c'est un texte très court, 121 pages, écrit caractère 16, avec de nombreux interlignes puisque présenté comme une pièce de théâtre et avec de très larges marges. La fille, son éditrice, a pris bien soin de son père, évitant de l'épuiser en exigeant de lui une saga en 8 volumes.
Malgré tout cela, je dois reconnaître que j'ai pris un grand plaisir à lire cet échange entre Bonaparte et Cambacérès.
Jean d'Ormesson a situé cette conversation imaginaire durant l'hiver 1803/1804, moment pivot pour Bonaparte, tiraillé entre la fin de l'esprit révolutionnaire et son avidité de pouvoir.
L'échange est brillant, les propos de Bonaparte sont de vrais propos qui ont été glanés dans les archives et montrent bien la soif de pouvoir de cet homme, stratège en diable et sûr de lui. On voit bien comment il s'impose à une France minée par la pauvreté et l'insécurité, jouant du clergé, des anciens royalistes et des toujours révolutionnaires pour obtenir leurs faveurs qu'ils lui accorderont sitôt reçus argent ou titre ou propriétés. On sent aussi sa mégalomanie grandir au fur et à mesure que l'idée de se faire sacrer empereur progresse dans son esprit. Cambacérès, face à lui, bien que deuxième personnage de l'état, est tout à son service, loyal et peut être bien amoureux.
"La conversation" est un petit précis de politique facile à lire et intelligent mais aussi un joli livre d'histoire pour tous ceux qui n'auraient qu'un vague souvenir de cette époque.

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