mardi 14 février 2012

Pablo T1 Max Jacob de Julie Birmant et Clément Oubrerie


Dans la bande dessinée, il existe des modes, des coups d'éditeur, des albums qui sont plus chics que d'autres. Pablo est l'un de ceux là.
A partir d'un roman de la productrice à France Culture Julie Birmant, adapté en scénario de BD par Jul, Clément Oubrerie, le dessinateur reconnu de Aya de Yopougon, illustre les premières années de la vie d'artiste de Pablo Picasso. Pari éditorial pour une série qui comptera quatre albums, dont le deuxième tome devrait paraître à la rentrée 2012. Le challenge était de taille car, personnellement, je ne voyais pas Clément Oubrerie, avec son dessin naïf et à la ligne claire, s'attaquer à mettre en images une biographie de celui qui a révolutionné la peinture du XXème siècle. Obstacle supplémentaire pour les auteurs, ils n'avaient pas la possibilité de représenter les oeuvres du maîtres, juridiquement protégées.
En découvrant la couverture, particulièrement sobre, le lecteur sait déjà que cet album se veut à part de la production habituelle de la bande dessinée. Pour moi, elle évoque le Toulouse Lautrec affichiste qui mourut en 1902, à peu après au même moment où Picasso débarque dans ce Paris à l'exubérance stimulante. L'album nous conte ses premières années de galères et de doutes, sa rencontre avec les galeristes et avec le poète MaxJacob qui tombera fou amoureux du peintre espagnol. Ce qui aurait pu être totalement linéaire est cassé ici par l'histoire de son premier grand amour, Fernande Olivier, dont nous suivons, en parallèle, le cheminement jusqu'à leur rencontre au Bateau-Lavoir.
Le scénario, très documenté sans jamais être didactique, prend dès le départ un regard psychologique, donnant à ce premier tome une dimension particulièrement attachante. Le dessin, quant à lui, restitue avec beaucoup d'à propos le Paris 1900. L'utilisation du fusain, de la mine de plomb et surement de l'aquarelle, donne une profondeur au dessin particulièrement convaincante. Cependant, l'alignement très sage des vignettes donne une impression de collection d'images, peut être pour ne pas désorienter un lecteur peu habitué à la bande dessinée ou bien un petit hommage aux albums offerts par les nombreuses marques de chocolat de l'époque.
Quoiqu'il en soit, le pari me semble réussi. J'attends avec impatience la suite de ce qui est, en ce début d'année, l'album qui peut, sans complexe, être posé sur la table de son salon. Il ne dépareillera avec les albums d'art ou accompagnera avec éclat "Télé loisirs", signifiant aux hôtes de passage votre bon goût et/ou votre ouverture d'esprit.


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