samedi 18 février 2012

Le baiser de Judas d'Anna Grue


Depuis le succès de "Millénium", chaque maison d'édition a, dans sa collection polar, au moins un auteur scandinave, à croire que le roman policier est la nouvelle richesse de cette région du monde. La pêche n'est pas forcément miraculeuse surtout après le passage des éditions "Acte Sud" qui ont recueilli dans leur filet la très en vogue Camilla Läckberg. 
Les éditions Gaïa, dont la spécialité est la littérature nordique, est donc tout à fait légitime pour publier ces polars venus du froid. Voici qu'elles nous proposent la deuxième aventure policière de Dan Sommerdahl, le détective chauve et danois de la romancière Anna Grue.
 L'éditeur, sur son site, précise d'emblée que les "accros aux polars sanglants et ultraviolents peuvent passer leur chemin", que leur sélection va vers "des romans aux personnages bien trempés, aux intrigues portant sur des sujets actuels et que l'on a hâte de retrouver en rentrant le soir".
Le moins que l'on puisse dire de ce "baiser de Judas" c'est qu'il remplit parfaitement le cahier des charges. L'intrigue se développe à partir de femmes cinquantenaires, veuves ou divorcées, gagnantes d'un gros lot à l'euromillions et qui se font escroquer par un gigolo. L'une d'elle fera appel au héros, détective free lance, ami d'un commissaire de police qui, lui, enquête sur le meurtre d'un jeune homme assassiné dans une cabane de jardin.
A partir cette intrigue basique, l'auteur nous entraîne dans une secte pas très catholique, nous balade en Inde et démontre une fois de plus que nos enquêteurs modernes ne pourrait plus rien faire sans internet et un téléphone portable.
Ce n'est pas le polar le plus haletant du moment, Anna Grue passe beaucoup de temps à nous décrire ses personnages, leur émois, leur psychologie. Seulement, elle n'est pas Ruth Rendell. Tous ces détails alourdissent sérieusement l'action et n'apportent pas toujours grand chose à l'histoire. Les personnages sont sympas mais pas vraiment attachants, ils manquent un peu de folie peut être...  Il n'y a pas vraiment de suspens, ni de coup de théâtre, tout se déroule calmement et sans guère de surprise. C'est agréablement écrit, fait pour tenir compagnie lors d'une soirée d'hiver et surtout ne pas faire trop de cauchemars. Ce n'est pas forcément l'auteur scandinave qui nous fera oublier le duo Sjowäll et Wahlöö, ni qui concurrencera Camilla Läckberg, mais cela reste tout à fait intéressant. En fait, je me demande si ce genre de polar n'est pas destiné aux héroïnes escroquées du roman, ces femmes seules et romantiques qui ont besoin d'un peu de frisson dans leur vie ... mais pas trop.
Merci à Babelio  et aux éditions Gaïa pour m'avoir fait découvrir cette auteure danoise.





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