mercredi 1 février 2012

Sale bête ! de Maïa Mazaurette et Jean-Paul Krassinsky


Les éditions Dupuis sont toujours en recherche de nouvelles séries à destination d'un public ciblé ado/adulte. Ces derniers temps, nous avons eu "Les nombrils" et "Tamara" qui surfent sur le thème de l'adolescence. "Sale bête", qui vient de sortir, continue à explorer cette veine mais, cette fois-ci la dérision est monté d'un bon cran voire de deux.
Pour l'anniversaire de leur ado totalement ingrate et fashion-victim, des parents style France Culture et ratatouille bio commandent sur internet un hamster griffé Vuitton. Oui, il existe un site nommé "La fabrique" où l'on peut faire confectionner n'importe quel animal de compagnie avec le look et le caractère que l'on veut... Sauf que cette commande va mal se passer. La chaîne d'assemblage bugge et produit tout un tas de monstre difformes, débiles ou méchants. La famille bobo héritera d'une bestiole totalement méchante, qui va sérieusement perturbé leur vie.
Cette première partie est un régal de drôlerie et de méchanceté car la bête parle. Heureusement, les humains ne la comprennent pas, mais le lecteur, lui, se délecte de ses propos incendiaires. Chaque case, chaque bulle est l'occasion pour les auteurs, diablement inspirés, de faire un condensé hilarant de tous les tics de la vie de famille actuelle.
Dans l'impossibilité de garder cette bête qui leur pourrit la vie, la famille décide de s'en séparer en la plaçant dans un genre de chenil, "cinq étoiles, chaînes câblées, jacuzzi, gastronomie internationale".
Avec l'appui des autres pensionnaires, des bestioles monstrueuses et débiles issues de la même fabrique, notre sale bête va devenir le chef du FLM, Front de Libération des Mochetés et pour faire entendre sa voix, décide de s'introduire à l'Elysée où il s'associera avec un autre méchant, le président Samuel Nicosie...
Changement de décor pour cette deuxième partie, plus sombre, plus urbaine mais toujours aussi méchante et drôle. Ici, on est dans la fable grinçante, avec toujours cet humour façon Kärcher.
J'ai pris un énorme plaisir à lire et même à relire cette "Sale bête". Elle mérite de trouver son public pour que ce premier tome se transforme en série. J'espère bien vite retrouver cette fabrique d'animaux de compagnie sur mesure mais génératrice aussi d'albums aussi délirants et décapants sur nos sociétés occidentales libérales que celui-ci.


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