mercredi 18 décembre 2013

Un parfum d'herbe coupée de Nicolas Delesalle


Le livre numérique a son prix littéraire ! Si, si, ça existe et c'est important, ou cela doit l'être car c'est notre ministre déléguée au numérique, Mme Fleur Pellerin qui l'a remis il y a quelques jours à un grand reporter de Télérama ( excusez du peu !)Nicolas Delesalle pour " Un parfum d'herbe coupée " édité chez Storylab (et vendu 3.99 euros). Pas de version papier pour ce prix, il vous faudra donc une liseuse pour le découvrir...ou pas. Je dis "pas" parce qu'à mon avis, ce n'est pas indispensable.
Ce joli titre fleurant bon la campagne ou tout du moins la tonte des gazons de quelque pavillon, cache sur une petite centaine de pages des souvenirs d'enfance. Le problème avec les souvenirs d'enfance, c'est qu'ils sont personnels et arriver à les transcender pour qu'ils parlent à d'éventuels lecteurs est un art difficile. Un chien nommé Raspoutine qui vous a accompagné pendant 14 ans et que l'on euthanasie, les petites copines avec qui on découvre les amourettes, les baisers, des parents, des soeurs, des voitures, des jouets, le banal d'un enfance qui n'a rien de sensationnel de prime abord, rien qui puisse accrocher le lecteur. Il faut un sacré style pour emballer et emporter l'adhésion avec si peu. Nicolas Delesalle a une plume alerte, des phrases accrocheuses mais au final, on n'est guère passionné par tout ça. Les enfances heureuses ne font, hélas, que rarement les bons livres. L'enfance de l'auteur est heureuse, tant mieux pour lui, mais pas bien originale. Bien sûr, et c'est l'effet générationnel qui jouera auprès de certain, se remémorer, par exemple,  la découverte du porno, le samedi vers minuit, en catimini, en s'écorchant les yeux sur l'écran crypté jouera son effet madeleine de Proust, mais avouez que ce n'est pas follement nouveau...
Je ne sais pas si la concurrence était rude pour obtenir le prix, mais ce "parfum d'herbe coupée", sans être vraiment formidable, reste une petite chose agréable, vite lue et vite oubliée...( sauf peut être si vous avez dans les 40 ans, ces souvenirs générationnels peuvent se révéler rassembleurs).


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