jeudi 5 décembre 2013

La jalousie de Philippe Garrel


Louis quitte une dame qui pleure sous le regard de sa fille réveillée par la conversation. Il retrouve Claudia, comédienne comme lui, avec qui il vit dans un petit appartement sous les toits. Louis aime Claudia qui elle, rêve à des jours meilleurs surtout côté financier. Louis, beau mec, se fait pas mal draguer mais reste fidèle à Claudia qui elle, se démène pour sortir de sa vie de galère et croise un architecte qui lui offre un appartement...
Raconté comme ça (et même autrement), on voit bien qu'il ne se passe pas grand chose de bien passionnant dans le nouveau film de Philippe Garrel. Ce n'est pas un grand film romantique, ni un suspens psychologique et encore moins une belle histoire d'amour. L'intérêt du film est ailleurs et pour le spectateur il s'agit de trouver les points pour s'accrocher. J'en ai trouvé quelques uns, mais pas tous hélas. Si j'avais été plus fûté, plus cultivé, plus cinéphile, cela aurait été un jeu d'enfant et je me serai roulé de plaisir en hurlant " c'est géééééniaaaaaaal!!!!!". J'avais pourtant lu beaucoup de choses sur le film, le côté autobiographique de l'oeuvre, ce clin d'oeil intergénérationnel consistant à faire jouer le rôle du père du réalisateur à son fils ou la magnificence des plans dont le summum est résumé par les Inrocks qui nous expliquent doctement que chez Garrel quand quelqu'un part, il quitte le plan ! (Là, je suis abasourdi par tant d'acuité...et d'originalité.)
Reconnaissons quand même au film quelques qualités et notamment un noir et blanc splendide et aux cadrages précis et composés de main de maître. J'avoue aussi avoir été bluffé par l'interprétation on ne peut plus naturelle et réaliste des comédiens et troublé par la belle voix grave d'Anna Mouglalis. Toutes les situations sont d'une justesse étonnante et d'un réalisme troublant. Malgré tout cela, je me suis quand même un peu ennuyé. Je n'ai pas été sensible à tous ces sentiments paraît-il exprimés au détour d'un plan ou d'une réplique. En fait, je ne les ai pas sentis, par manque de clefs sans doute mais surtout à cause d'un scénario qui ne semble n'avoir que l'ambition du réalisme.
"La jalousie" ne va pas me faire ranger parmi les nouveaux fans de Philippe Garrel. Bien plus accessible que l'on peut penser mais pas vraiment  passionnant pour un  spectateur lambda, ce film, réalisé à l'économie, démontre toutefois le courage et la ténacité d'un réalisateur à l'écriture cinématographique personnelle à laquelle, pourtant, on n'est pas obligé d'adhérer.


Et, pour le clin d'oeil et parce que c''est totalement décalé par rapport à l'oeuvre ci-dessus, je ne résiste pas à l'envie de vous mettre un tube ringard des années 70 de Ringo intitulé "Ma jalousie" et que le film de Philippe Garrel a fait remonter dans mes souvenirs...



7 commentaires:

  1. Ahhhh quelqu'un qui écrit clef...et non clé

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  2. J'y vais? J'y vais pas... ? Je sens que mon absence de références cinématographique va encore se faire sentir;)
    Pop Corn.

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  3. Vas-y ! C'est tout simple en fait, assez plat, les références n'apparaissent que si tu grattes un peu... Moi, j'ai pas gratté, jdonce me suis un peu ennuyé, mais va savoir.... Et puis, si tu craques pour Louis Garrel...

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  4. J'en sors ...c'est assez simple en effet. même pas entr'aperçu l'ombre d'une référence:)
    En effet,Louis garrel a contribué au plaisir!!

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  5. T'inquiète pas pour les références, il faut un master cinéphilie plus un doctorat et 18 ans chez les cahiers du cinéma pour les voir !

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  6. Oui merci pour le f de clef
    Je déplore souvent son absence alors que c'est si joli et une rare particularité
    Merci à groody ci dessus qui m a montré votre blog
    Si vous avez des propositions de livres pour petits garçons de 7 ans... Ça m intéresse

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