jeudi 15 octobre 2015

Belles familles de Jean Paul Rappeneau


Notre petit hamster de la semaine, c'est Jean Paul Rappeneau. Je l'ai observé cette semaine dans sa roue plaquée or, moulinant avec entrain. Faut dire qu'il est le roi de la comédie rythmée depuis un demi-siècle et que sa petite dernière file à cent à l'heure. Il fonce Jean Paul, ça tourne, ça tourne et tout à son bonheur d'entraîner cette roue, il en oublie tout le reste. Le scénario ? Qu'importe ! Aller hop, une histoire d'héritage avec une maison qu'on se dispute. La maison est belle, elle fera rêver le spectateur. L'histoire est improbable, tirée par les cheveux, on n'y comprend pas grand chose ? Pfff foutaises ! On fait aller les bagnoles à 150 à l'heure, elles freinent sèchement sur les cours gravillonnées, on s'en éjecte en oubliant de détacher sa ceinture ( LE gag du film), on dégringole d'une échelle, on passe de Londres à Paris en passant par Shangaï, on s'énerve, on s'engueule, on s'emporte... Faut que ça file, que ça virevolte, que les portes claquent.  Vous avez déjà regardé un hamster s'escrimant à faire tourner sa roue, eh bien "Belles familles" c'est pareil, au bout d'un petit moment ça lasse cette bestiole qui finalement s'épuise pour rien, ce metteur en scène qui essaie de donner du punch à un scénario vide. Et le spectateur n'est pas dans le film. il gamberge, observe les détails. Il se dit que c'est la vingtième fois qu'on nous sert Mathieu Amalric, en sex-symbol qui fait frissonner les ovaires de tous les personnages féminins.( C'est peut être vrai dans la vie, mais au cinéma, j'ai toujours du mal à y croire). Il pense à ne pas oublier de regarder le nom du coiffeur dans le générique de fin, on ne sait jamais, il a peut être un salon et il préfère éviter d'envoyer quiconque de peur de la voir ressortir avec la coupe façon balai espagnol que porte Karin Viard, qui en plus, est attifée comme une ménagère des années cinquante émerveillée par la soupe déshydratée. Il se demande à quoi sert le personnage de la fiancée chinoise qui passe son temps au téléphone à faire les gros yeux ou à froncer les sourcils (uniquement deux options achetées pour cette comédienne). Il pouffe de rire (jaune) devant cette magnifique évocation des romans Harlequin où dès que Marine Vacth rencontre le chaud bouillant Amalric, elle le déteste, ce salaud, ce méchant qui a fait bobo à maman. Mais on ne résiste pas longtemps à un tel porteur de phéronomes, L'accouplement sera inévitable, permettant ainsi au film de s'offrir un moment sensuel et glamour avec la gracile Marine qui est devenue par la magie de la presse l'unique intérêt du film, propulsée star en deux lignes énamourées pour la seule et bonne raison qu'elle a retrouvé le son.  Elle parle ! On l'avait quittée mutique chez Ozon, on la retrouve disant (pas trop mal) plus d'une ligne de dialogue. Le spectateur ne saute pas d'aise pour autant car les répliques, même lâchées façon mitraillette, ne brillent guère.
J'ai eu devant "Belles familles" le même intérêt que devant la cage de Frisbee le hamster de ma petite nièce. Au début on trouve ça rigolo cette bestiole qui s'agite comme une folle pour rien. Et puis très vite, devant le manque d'originalité de l'action, malgré le pelage doux et soyeux, la tronche toute mimi de l'animal, on se détourne et on se désintéresse. Le film prouve qu'une pléiade d'acteurs connus et un réalisateur qui a encore tout son sens du rythme, ne peuvent sauver un scénario sans inspiration.

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