samedi 21 janvier 2012

La page blanche de Boulet et Pénélope Bagieu

Dans le troupeau de jeunes femmes dessinatrices, trentenaires qui publient des albums d'humour totalement girly, Pénélope Bagieu est celle qui est très vite sortie de la mêlée. Elle a su imposer sa différence en abordant très vite le roman graphique, "Cadavre exquis" chez Gallimard en 2010, démontrant ainsi qu'elle n'était pas qu'une chroniqueuse pour site web féminin.
Ce mois-ci, la pétillante parisienne, en association avec Boulet au scénario, nous propose chez Delcourt un nouveau récit en 201 planches :  "La page blanche". Derrière sa très réussie couverture aux tons rouges-rosés, nous découvrons son héroïne assise sur un banc et devenue totalement amnésique.
Avec un point de départ pas original pour deux sous, nous allons suivre Eloïse dans la recherche de sa propre identité. Le lecteur est tout de suite accroché par ce mélange de suspens et d'humour et ne lâchera pas l'album jusqu'au dénouement dont je ne dirai rien sauf qu'il est à l'image de la très graphique dernière case, une fenêtre ouverte vers l'avenir. Le scénario, très habile, permet à l'illustratrice de s'exprimer pleinement, d'autant plus que son dessin est de plus en plus maîtrisé.
Fini donc les atermoiements des trentenaires à la recherche d'un mec, Pénélope Bagieu et Boulet, sans tomber dans le réalisme noir, nous déroule le très plaisant portrait d'une personne qui enquête sur elle même. C'est gracieux, joliment coloré, grinçant lorsqu'est évoqué le métier de libraire ou le milieu médical, joliment sensible pour exprimer le désarroi de cette jeune femme perdue et surtout bourré de toutes petites annotations philosophiques ou caustiques sur le monde d'aujourd'hui.
Ne vous fiez pas au dessin faussement naïf de "La page blanche", plongez-vous sans crainte dans cet album, vous passerez un très agréable moment et découvrirez ainsi qu'en 2012, on peut encore raconter de façon originale une histoire d'amnésie, ce qui est, avouons-le, un quasi exploit. Cependant, certains pourront être déçus par le dénouement qu'ils jugeront trop simple ou décevant. Personnellement, et en évitant de révéler quoique ce soit, j'ai apprécié le clin d'oeil avec le titre qui permet à l'héroïne de transformer cette page blanche en une vie future que l'on espère pleine de belles couleurs.


4 commentaires:

  1. J'ai déjà entendu parler de cette BD sur un autre blog et j'ai très envie de la découvrir. J'avais beaucoup aimé le dynamisme et la fraîcheur de "Cadavre exquis".

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  2. Pouvez vous m'expliquer pourquoi elle a jeté à la poubelle devant chez fred sa chemise et son jeu et pourquoi elle a pleuré car je dois dire que je ne comprend pas. Si elle l'évitais (car elle a acheté son jeu ailleurs) pourquoi elle est allée avec le jeu et la chemise devant chez lui et pourquoi elle a tout jeté?

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  3. Mystère féminin sûrement. C'était un coup d'un soir mais elle espérait peut être un peu plus... Le jeu acheté ailleurs, c'était pour la discrétion, pour une surprise... qui a dû mal tourner le fameux soir. Mais cet espace, laisse planer le doute et fais gamberger autant le lecteur que l'héroïne. Peut être que d'autres personnes ont une autre explication. N'hésitez pas à la proposer.

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  4. J'ai adoré..lu d'une traite ...mais ma curiosité n'a pas été satisfaite. Qui était elle vraiment ? amnésie passagère ou définitive ? besoin de savoir mais après tout, Eloïse en tire le meilleur puisqu'elle repart et n'est pas encombré par un lourd passé...une peau neuve avec une vie qu'elle choisit... belle fin

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