jeudi 19 janvier 2012

Petite poule rousse de Rebecca et Ed Emberley


Et voici une nouvelle version de la petite poule rousse. Attention pas celle qui risque de se faire manger par le renard mais, celle plus soft, qui dans une version lointaine, trouve un grain de blé, qu'elle plante et qui, en bout de course arrive à faire du pain sans l'aide de ses amis, d'un genre fainéants, refusant obstinément d'aider la vaillante gallinacée.
Le pain n'étant guère emballant pour les enfants d'aujourd'hui qui préfèrent des nourritures moins basiques, depuis quelque temps des auteurs nous ont proposé d'autres moutures. Il y a une dizaine d'années, les éditions Nathan avaient troqué la banale miche de pain pour une pizza plus appétissante auprès nos chères têtes blondes ou brunes.
En 2012, la pizza étant devenue tellement commune pour les estomacs enfantins, Rebecca et Ed Emberley ont essayé de coller encore mieux à la réalité contemporaine. Ils renvoient la spécialité italienne au congélateur pour lui préférer  un "gâteau sublime", monstruosité colorée, glacée et totalement m'as-tu-vu.
Très ménagère de moins de cinquante ans, nous sentons bien que la petite poule rousse prépare son entrée dans une de ces émissions culinaires qui fleurissent ces temps-ci sur nos écrans de télé. Elle a trouvé une recette géniale et décide la tester illico. Malgré un casting d'amis renouvelé (exit le canard et le cochon trop agricoles, bonjour le rat, plus urbain et la grenouille, plus rigolote), elle est toujours entourée d'une bande de paresseux.
Rassurez-vous, l'histoire reste la même. La poule est toujours aussi travailleuse (elle travaille plus pour obtenir plus) et les amis sont toujours des pique-assiettes qui n'auront pas le droit de goûter à l'énorme pâtisserie. La morale est donc sauve, le labeur est récompensé. La poule rousse, faisant fi de tout régime, seule note discordante de cet album tendance, engloutira, seule, la totalité du fruit de son travail...
J'ai l'air de me moquer un peu, mais j'ai quand même apprécié cet album, très coloré, surtout parce qu'il est  un peu moins sage que ses prédécesseurs. Tous les personnages ont un air déjanté, l'illustration composée d'aplats de couleurs criardes leur donnant un regard halluciné de fumeurs de pétards. Le texte, classique, permet, lors d'une lecture à haute voix, d'imiter la grenouille, ce qui assure à chaque fois un beau succès auprès des enfants.
Tel qu'il est, ce petit conte très simple fonctionne très bien. Que demander de plus? La recette du gâteau sublime? Rassurez-vous, les auteurs y ont pensé et vous pourrez vous aussi réaliser un goûter presque totalement parfait, pour épater vos enfants et vos amis. Merci les Emberley!






1 commentaire:

  1. "Elle travaille plus pour obtenir plus" ^_^.
    J'aime beaucoup aussi la version de Pierre Delye, je connais moins celle-ci.

    RépondreSupprimer

Woman at war de Benedikt Erlingsson