lundi 5 mars 2012

Et puis, Paulette,... de Barbara Constantine


Jusqu'à présent, les éditeurs ne semblaient s'intéresser au nombreux lectorat que représentent les seniors qu'en leur proposant des romans vaguement historiques, décrivant la belle vie d'avant, dans des histoires remplies d'héroïnes au destin malheureux mais courageux. Littérature de bons sentiments, souvent reléguée dans les librairies dans le rayon "terroir", elle ne brillait pas par son originalité. 
J'ai l'impression que le regard des maisons d'édition a changé depuis quelques mois. La population retraitée est de plus en plus nombreuse, encore un peu argentée et recèle un vivier important de lecteurs potentiels, peut être plus modernes qu'avant. Il est fini le temps des compilations de Tino Rossi ou des oeuvres complètes de Pierre Benoit offertes en cadeau d'abonnement à une revue pour une retraite heureuse. Le troisième âge aujourd'hui voyage, surfe sur internet, voire refait sa vie. On a vu apparaître pas mal d'ouvrages sur ce nouvel âge des tempes argentées. "Et puis, Paulette..."  de Barbara Constantine en fait partie.
L'histoire est jolie et simple. Ferdinand est retraité, veuf, habite seul dans une très grande ferme depuis que son deuxième fils et sa famille sont partis vivre dans le village. Un jour, après un violent orage, il recueille sa voisine retraitée elle aussi car sa maison est devenue inhabitable. La cohabitation s'avérant plus facile que prévu, ils décident alors de proposer à d'autres anciens de partager cette grande maison, créant ainsi une sorte de communauté pour mieux résister à la solitude. Puis leur viendra l'idée de proposer gîte et couvert à des jeunes étudiants en échange de quelques menus services. 
C'est avant tout une histoire de solidarité que nous propose ce livre, une alternative plus joyeuse que la maison de retraite, un "vieux de tout le pays, unissez-vous !". Le lecteur suit les avancées pleines d'entrain de cette bande de sympathiques anciens. Et puis, il y aura Paulette...
J'ai vu un peu partout sur les blogs, que ce livre avait séduit déjà plein de lecteurs (surtout des lectrices) et dans leurs commentaires revient très souvent le mot friandise. Oui, c'est une friandise mais à mon goût beaucoup trop sucrée. Tout généreux qu'ils soient, les personnages de ce roman sont un rien caricaturaux. Il y a le bricoleur, le bougon, la musicienne écolo, la vieille fille dominatrice. Ils sont tolérants comme ce n'est pas possible, vivant cette communauté comme des boy-scouts de la collection "signes de piste". Tout roule comme dans un roman pour adolescents des années 60, les bons sentiments et l'esprit "Mac Gyver" compris. C'est plaisant mais un peu trop gentillet pour moi. On est très loin du roman graphique "Les petits ruisseaux" de Pascal Rabaté qui, lui, avait un regard vrai sur la vieillesse, n'occultant aucune vicissitude de cet âge et proposant une vision bien plus humaine et tout aussi généreuse.
Je suis sûr que cela plaira aux lecteurs de "Notre temps", mais pour moi trop de bons sentiments tue l'émotion. Reste quand même un livre au charme suranné qui permettra à beaucoup d'anciens de retrouver les joies d'une lecture douce et euphorisante comme l'étaient les bons livres de la Bibliothèque Rose de leur enfance.



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