vendredi 2 mars 2012

Le baiser blanc d'Emile Brami


Ce texte relativement court a été écrit pour être adapté au théâtre. Il se présente comme deux monologues. Le premier est dit par une femme, Eurydice, le second par un homme, Gaston.
Placé sous le patronage d'Orphée et Eurydice, ce petit roman nous parle d'amour, mais d'amour vache.
Eurydice, dont on apprendra qu'elle s'appelle plus simplement Nathalie, est une nana très libérée, s'offrant à qui en a envie mais surtout pas à Gaston, amoureux transit qui la suit comme un chien. Elle passe son temps à l'humilier, le transformant en spectateur muet de ses dragues sans lendemain. Il faut dire que Gaston n'a visiblement rien pour attirer le coeur et le cul de cette pouffe. Il est gros, sans aucun charisme, n'a même pas de fric. Il possède seulement un amour absolu, uniquement réservé à cette créature qui se joue de lui. Il supportera toutes les brimades, les vexations, allant jusqu'à mettre sa vie en danger pour lui offrir des objets hors de prix mais sans jamais obtenir le moindre regard, la moindre caresse. Eurydice, tombée sous la coupe d'un italien qui la mettra sur le trottoir, gavée d'héroïne, mourra du sida dans l'anonymat le plus total. 
Comme ressortie des enfers, Eurydice, dans le premier monologue fait une sorte de méa-culpa, s'apercevant que Gaston avec son amour si pur, a été la seule personne qui l'ait vraiment aimée et que, finalement, cet amour était peut être partagé. 
Dans le deuxième monologue, nous entendons la version de Gaston, donnant à cette relation un jour différent et plus sensible.
Ecrite sans fioriture, vite lue, cette histoire entre une paumée et un niaiseux, peut toucher un coeur sensible, épris d'amours impossibles (les plus belles) mais mériterait, à mon goût, un développement plus approfondi des personnages, qui restent ici les simples narrateurs d'une passion inexplicable.


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