jeudi 1 mars 2012

Martha Marcy May Marlene de Sean Durkin


Même si le titre n'est pas vraiment facile à retenir, mémorisez-le au moins pour votre prochaine séance de ciné car "Martha, Marcy, May, Marlène" est vraiment un film à voir.
La première bonne raison de passer 1h45 devant un écran est la présence de la jeune comédienne Elizabeth Olsen (oui, il s'agit bien de la soeur cadette des insupportables jumelles Olsen, les reines du tapis rouge de troisième zone et des régimes). Elle est tout simplement incroyablement photogénique et surtout étonnante de justesse dans le rôle ingrat d'une jeune femme ayant perdu tout sens de la réalité.
Martha (mais aussi Marcy May et même Marlène) s'échappe d'une sorte de ferme un peu étrange et va se réfugier chez sa soeur, parfaite bobo mariée à un cadre stressé. Grâce à des flash-backs parfaitement dosés, nous apprendrons petit à petit  que la jolie ferme genre "Maison dans la prairie" renferme une secte aux pratiques évidemment douteuses (viol des nouvelles arrivantes par le gourou pour éliminer les toxines du monde extérieur, cambriolages des maisons environnantes,...). Lentement, malgré un environnement sympathique (belle maison moderne au bord d'un lac), Martha s'enfonce dans une paranoia de plus en plus sourde. Sa soeur rame à la ramener à la réalité, pas vraiment aidée par son yuppie de mari, plus intéressé par son nombril que par le sort de sa belle soeur.
Malgré un rythme lent, ce qui est rare pour un film Etatsunien, Sean Durkin, le réalisateur mais également l'auteur du scénario, fait monter la tension, dévoilant au compte goutte la décérébration de l'héroïne, enveloppant le spectateur dans un climat de plus en plus inquiétant qui le mènera vers une fin que je qualifierai de surprenante. Là où le film n'aurait pu être qu'une très intelligente mise en image du travail d'une secte sur des cerveaux fragiles, insidieusement, il met en miroir la vie, peut être tout aussi artificielle et sectaire du couple de petits bourgeois, confit dans ses tics et ses prérogatives de classe.
Ce premier film qui devrait séduire les spectateurs qui aiment quand une caméra prend son temps (vous l'aurez compris, il ne s'agit pas d'un thriller excité ), nous permet de découvrir un  réalisateur dont on espère que les prochaines productions seront du même acabit. Il est très rassurant de voir qu'une nouvelle génération de metteurs en scènes hollywoodiens exigeants pointe le bout de son nez ( Nichols, Mac Queen, Winding Refn, ...), sachant aussi bien maitriser scénario de qualité, mise en scène sophistiquée et remplissage de cerveaux disponibles avec des produits non standardisés.




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Woman at war de Benedikt Erlingsson