samedi 24 mars 2012

Le palais des autres jours de Yasmine Char


Il y a des livres que je découvre sans rien connaître de l'histoire comme celui dont je vous parle aujourd'hui. "Le palais des autres de jours" de Yasmine Char a tout de suite évoqué pour moi une épopée orientale, un récit envoutant comme un conte de Shéhérazade mâtiné de poésie (Char sans doute). Un parfum d'orient pouvait s'échapper de sous la célèbre couverture beige des éditions Gallimard.
Pour l'Orient, on s'en approche puisque le récit débute au Liban, où, le jour de leurs dix-huit ans, Lila et Fadi, jumeaux, quittent le domicile de leur oncle et tuteur pour retrouver leur mère qui les a abandonnés enfants pour suivre un nouvel amour. 
Très vite, on quitte les rivages ensoleillés bien qu'en guerre de Beyrouth pour la froidure de Nancy. La rencontre avec la mère se révélant un fiasco, les deux héros décident de fuir à Paris, confrontant leur jeunesse à la dure réalité de la capitale. Lila est très attachée à son frère, l'aimant d'une manière quasi incestueuse. Lorsque celui-ci part à l'armée pour une année, l'héroïne doit prendre sa vie en main. Elle se fait embaucher dans une boutique de fringues de luxe tenue par Nour, libanaise attendant le retour d'une fille et d'un mari kidnappés par quelques guerriers à la cause obscure. Elle sera aimée sans grand retour par Yvan, le réceptionniste blond péroxydé de l'hôtel où elle habite. 
Le roman va dresser le portrait de Lila et de sa lente séparation d'avec son jumeau. Ca démarre très fort par une phrase terrible : "...il avait écrit qu'il cracherait dans ma bouche lorsque je serai morte." J'ai tout de suite était séduit par l'écriture fluide et évidente de Yasmine Char. La mise en place des personnages est rapide, j'ai très vite été pris par l'histoire et le vent de jeunesse qu'elle dégage. 
Seulement, petit à petit, l'ennui commence à poindre, le récit patine un peu. La passion de Lila pour son jumeau de plus en plus distant et manigançant des choses pas nettes m'a semblé peser des tonnes. Le personnage de Nour, femme blessée mais très romanesque, est un peu laissé de côté.
Même si l'écriture reste très belle tout au long du récit, elle ne parvient toutefois pas à transcender cette séparation, ni à nous faire vibrer avec le pseudo suspens de la fin. 
J'ai bien senti que cette histoire devait être en partie autobiographique, que le besoin de la coucher sur le papier était forte, cependant je ne suis pas très convaincu par le résultat qui m'a laissé un peu sur le bord de la route... N'est pas Shéhérazade qui veut...


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