samedi 10 décembre 2016

Papa ou maman 2 de Martin Bourboulon


Le syndrome de la bande annonce très drôle a encore frappé ! Remarquez, les spectateurs sont de moins en moins dupes, les " on a sans doute vu les meilleurs moments " fusent de plus en plus lors du passage en salle. Mais qu'importe, le premier "Papa ou maman "avait tellement plu que rater la suite semblait  impossible. Il faut se rendre à l'évidence, le deuxième opus rate son but. Passée une première demi-heure réussie, rythmée et posant un humour vachard sur le nouveau quotidien du couple désormais séparé et ayant retrouvé de nouveaux partenaires, la suite du film sombre dans le convenu et le tout venant de la comédie française.
Pourtant, tout avait bien démarré. Florence et Vincent, avaient refait leur vie et l'organisation avec leurs maisons respectives posées face à face, donnait lieu à des dialogues et des situations hilarantes. Marina Foïs et Laurent Lafitte, excellents, s'en donnent à cœur joie dans la réplique perfide. L'apport de nouveaux conjoints, très stéréotypés mais rendus très attachants par Sara Giraudeau et Jonathan Cohen, complètent très agréablement l'ensemble. Et puis, il fallait bien que le film prennent son allure de croisière et oriente son histoire. Le choix était simple. Soit les auteurs continuaient dans la veine grinçante, soit ils faisaient retrouver au héros un chemin plus convenu. Et c'est hélas, la deuxième solution qui fut adoptée. Pourtant, j'ai bien cru que l'autre option allait être prise. Il y a une scène dans le film ( on en voit un bout dans la bande annonce ) où tout aurait pu se jouer. Béné et Edouard ( les nouveaux conjoints assez tyrannisés par les héros) doivent se passer le bébé ( dans le film, un objet que l'on oublie partout ). A l'écran, naît entre eux une connivence évidente, porteuse d'une certaine rouerie qui aurait pu faire rebondir le film dans une direction nettement moins conformiste que celle choisie.  Mais allez savoir pourquoi, les auteurs ont préféré labourer une énième fois la comédie familiale ordinaire, presque bien-pensante, avec un final en Nouvelle Calédonie ( cadeau de la production d'un tournage ensoleillé ?) qui n'apporte strictement rien de plus à l'intrigue.
Déception donc pour cette suite qui, sans doute, montre déjà ses limites. Reste à l'écran un festival d'acteurs énergiques et complices qui font tout ce qu'ils peuvent pour pallier au manque d'originalité du scénario.




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Woman at war de Benedikt Erlingsson