lundi 17 avril 2017

Petite amie de Juliette Armanet


J'ai testé pour vous le premier album de la nouvelle princesse de la chanson française, la fort médiatisée Juliette Armanet.
Nouvelle coqueluche des médias qui font l'opinion, elle a eu droit à un long article élogieux dans les Inrocks, a été la cible des douceâtres questions évaporées d'Augustin Trapenard ( en voie de druckérisation) sur Inter,  obtenu trois 3 F (seulement ) chez Télérama et même emballé Le Figaro ( moins branchouille quand même).
Alors, en amateur de chanson francophone, je n'allais pas passer à côté de l'événement. Je connaissais vaguement la dame, car, elle chantonne avec Julien Doré dans un duo sur son dernier album, signe d'une déjà bonne pénétration du milieu de la variété chic.
Dès le premier morceau, le déjà petit tube " L'amour en solitaire", la voix haut perchée, pas loin de rappeler celle de Véronique Sanson sans le vibrato, les subtils arrangements classieux et la présence en premier plan du piano nous renvoient plus de quarante ans en arrière, dans ces années 70 où William Sheller, Michel Berger, Gérard Manset, Christophe, imprimaient une trace indélébile dans la chanson française. On sent leur influence dans tout l'album de Juliette Armanet ( et même dans "Sous la pluie" un clin d'oeil à Danielle Licari et Saint Preux ...mais qui s'en souvient ?) Et je dois l'avouer, c'est loin, très loin d'être désagréable, de retrouver une variété classieuse qui caresse l'oreille dans le sens du poil. Certes on n'est pas étonné, c'est même confortable comme un bon vieux fauteuil et ce ne sont pas les quelques accords discos, signe d'un léger décalage moderne qui gâchent le plaisir. Les mélodies sont impeccables, imparables, les chansons piano/voix ont une vraie grâce ( "Alexandre"), les slows chaloupent agréablement ( " A la folie" ), l'album coule magnifiquement. Plus on avance et plus on se dit à l'écoute de chaque titre que ça  rappelle quelque chose, comme un air de déjà entendu, sensation confirmée avec le très beau dernier titre "L'accident", morceau lent au piano dont quelques accords rappellent énormément "Mi-maître, mi-esclave  " de Véronique Sanson.
Juliette Armanet nous offre un premier album dont l'écoute et la réécoute sont un réel plaisir. Tout est propre, hyper bien léché, et un formidable hommage aux aînés que l'on a tant aimés. Peut être manque-t-il un léger lâcher prise, une pointe de vraie originalité qui ferait que la chanteuse pourrait, en plus de sa belle voix et de sa capacité à aligner des mélodies imparables, imposer un univers bien personnel.




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