dimanche 16 avril 2017

Je danserai si je veux de Maysaloun Hamoud



"Je danserai si je veux ", produit en Israël par Shlomi Elkabetz, le frère de Ronit, ne peut qu'attirer la sympathie...du spectateur occidental. Ce portrait sans fard de trois jeunes femmes palestiniennes vivant à Tel Aviv, a valu à sa réalisatrice, palestinienne elle aussi, rien moins qu'une fatwa de la part des Tartuffe religieux du secteur ! Si l'on regarde bien le film, il est certain qu'il a de quoi ébranler sérieusement les mâles barbus amateurs de femmes soumises et/ou voilées.
Laïla et Salma, ont déjà fait un grand pas dans leur émancipation. L'une est avocate, l'autre DJ et la vie semble libre et facile en regard de leur troisième colocataire, Nour, tombée par hasard chez elles et qui, bien qu'étudiante en informatique, est empreinte de religion et de timidité. Autant cette dernière est empâtée, voilée et fiancée à un dénommé Wissam qui porte le coran en bandoulière, autant les deux autres fument, boivent, draguent et consomment quelques expédients qui donnent de l'énergie ou qui font rire. Le choc de cette cohabitation semble indubitable sauf que le film se révèle plus malin. Si l'oppression d'un système religieux forcément archaïque semble surtout se porter sur Nour, les apparences sont trompeuses. Bien sûr Nour va rencontrer un chemin bien plus abrupt que ses copines mais les deux autres, sous des airs affranchis, vont connaître aussi de sérieux déboires. La franche liberté de Laïla va se trouver confrontée à des hommes pas encore bien au fait avec l'indépendance féminine. Quant à Salma, libre certes, mais lesbienne, et là, c'est bingo pour l'incompréhension totale et la violence familiale.
Ce portrait, filmé avec honnêteté et une grande énergie, baigné d'une musique galvanisante plaide un militantisme politique net et sans fioriture. Il capte très bien l'hypocrisie de la religion, son refus de l'égalité des sexes qui arrange bien les hommes et son incapacité au respect des libertés individuelles. Film courageux, essentiel, engendré par l'espoir qu'ont porté les printemps arabes, il donne l'occasion de rencontrer  trois femmes fortes ( quatre avec la réalisatrice) qui, je l'espère, sèmeront espoir et changement dans les régions où il a été produit ( et ailleurs aussi...suivez mon regard ).




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