mardi 4 avril 2017

Paris la blanche de Lidia Leber Terki


Attention film fragile mais plein de charmes ! Loin des récits de jeunes sur les banlieues, de cette deuxième voire troisième génération qui essaie d'envahir les écrans, Lidia Leber Terki se penche sur une figure plus humble, moins visible de nos périphéries. 
Le film démarre en Kabylie, où nous assistons au départ de Rekia qui, a 70 ans va entreprendre un premier voyage. Elle se rend à Paris où depuis 48 ans vit son mari. Sans nouvelles depuis quelques années sinon qu'il continue avec la régularité d'un métronome à lui envoyer de l'argent, elle décide de le rejoindre pour le faire rentrer au pays...
Il y a dans cette première réalisation un doux regard bienveillant mais jamais misérable sur ces deux époux qui n'ont guère vécu ensemble. Du chemin semé d'embûche de Rekia, qui découvre Paris, sa dure réalité, sa misère mais aussi la formidable solidarité de certains ( toujours si juste Karole Rocher) au foyer miteux pour travailleur où réside Nour, le mari, espace modeste à l'image de la vie menée durant presque un demi-siècle, tout fait délicatement sens. Quand les époux se retrouvent, scènes d'une pudeur et d'une justesse extrêmes, on sent à la fois la distance et la tendresse, l'impossibilité du dialogue, le fossé creusé, la honte devant la situation qui soudain apparaît absurde. 
Les deux comédiens, Tassadit Mandi et Zahir Bouzezar dégagent une réelle émotion et apportent au film la justesse nécessaire à une mise en scène qui ne tombe jamais dans l'anecdotique ni dans le voyeurisme. 
Bien sûr, on pourra reprocher au film une certaine lenteur et un grande retenue, mais cette histoire d'immigration faite de désillusion et de solitude nous émeut. Un joli premier film !




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