mardi 4 septembre 2012

Inséparables d'Alessandro Piperno


"Inséparables" a reçu le prix Strega 2012 qui correspond en Italie à notre Goncourt. Si le prix Goncourt était décerné tous les ans à un très bon livre, cela se saurait. En Italie, il doit, je pense,  en être de même et c'est rassurant. Ce n'est pas que  "Inséparables" soit assommant ou totalement raté mais il ressemble à bon nombre de nos prix à nous, pas vraiment original ni particulièrement passionnant...
Le livre s'ouvre sur le départ de Filipo pour Cannes où son premier long métrage, un dessin animé, a été sélectionné pour "Un certain regard". Marié à une comédienne de mauvaises sitcoms un peu hystérique, Filipo découvrira très vite les affres de la célébrité, les aventures d'une nuit comme les menaces terroristes.
Samuel, son frère cadet pour lequel la réussite est une évidence. Après de brillantes études, il jouit d'une situation très enviable dans le commerce du coton, de jolies fiancées, de belles voitures et d'un beau mariage en vue.
Inséparables durant leur enfance, très proches au moment où débute l'histoire, nous allons assister à la chute des deux frères, rattrapés par un passé peu glorieux. Miné par des problèmes sexuels et un licenciement pour l'un, déprimé par une menace de mort de la part d'un groupuscule islamiste pour l'autre, Filipo et Samuel vont peu à peu s'éloigner jusqu'à devenir comme des Abel et Caïn modernes.
Trame classique de tragédie, "Inséparables" n'en est pas forcément une pour autant. Le ton employé par l'auteur, ironique et grinçant, lui donne un côté très contemporain et évite de s'embourber dans le drame bourgeois qu'il aurait pu être. Ca se lit facilement, le traduction semble parfaite, mais les situations convenues que vivent les deux frères, héros assez antipathiques, ne m'ont pas vraiment passionnées. Et ce n'est pas la dernière partie, sorte de climax raté qui va me faire basculer dans un avis positif (surtout avec ce petit rebondissement façon polar dans les toutes dernières pages, qui, lui, tombe vraiment à plat).
Sous sa couverture colorée et réussie, se cache un roman au style élégant et au regard distancié sur deux personnages modernes mais négatifs, englués dans des problématiques de grands bourgeois qui, hélas, n'ont réveillé chez moi aucune compassion ni intérêt véritable, seulement une lecture polie et tiède. "Inséparables"  ira donc rejoindre le Goncourt 2011 dans la pile "A donner".

Merci à la librairie DECITRE et au site Entrée Livre pour m'avoir permis de lire ce livre en avant-première.



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