vendredi 13 septembre 2013

Palmer en Bretagne de Pétillon


Le premier des nombreux gags de cette nouvelle aventure de Jack Palmer est dans le titre : "Palmer en Bretagne". La couverture nous présente le fameux détective sur un rocher bien breton. Joli clin d'oeil en forme d'hommage, car il y restera toute l'histoire sur son bout de caillou. Coincé par la marée haute, il attendra le reflux, devenant un personnage plus que secondaire. 
Une fois débarrassé de son encombrant héros, Pétillon peut s'éclater dans un récit où le jeu de massacre est ici porté à son paroxysme. Sur une île bretonne, le temps d'une marée, il réunit tout ce que notre époque peut engendrer de sots pétris d'orgueil et de bêtises. Invités par une bourge clinquante mais désargentée, deux présidents (pas de la république, plutôt de grands groupes industriels, genre Pinault et Arnault ) qui se détestent, vont entretenir leur rivalité tout en s'ignorant. Suivis par une flopée de parasites tous plus fats les uns que les autres, ils vont se battre pour acheter une croûte sans valeur, pendant qu'autour d'eux, invités et autochtones vont se déchirer dans une atmosphère empuantie par la fermentation des algues vertes. Quand l'esprit parisien du 16ème rencontre la Bretagne travailleuse, ça fait des étincelles (et ici un feu d'artifice d'humour).
Cet album me semble le plus réussi de la série des Jack Palmer. Pétillon et son humour corrosif s'en donne à coeur joie. De la première à la dernière case, pas un temps mort, aucune baisse de tempo, ça file à cent à l'heure et c'est tout simplement réjouissant. Des nouveaux riches, au maîtres du CAC40, des journalistes au mareyeurs bretons, des attachés de presse aux éleveurs de porcs, tout le monde passe par la moulinette grinçante et ô combien sarcastique de Pétillon qui semble ici au sommet de sa forme. Avec une mécanique impeccable proche de Feydeau mais excitée par l'air iodé (et puant) breton, cette pseudo enquête, qui épingle en même temps le marché de l'art,  est un régal d'humour vache et  le premier vrai éclat de rire  de cette rentrée. 




2 commentaires:

  1. Après la Corse, après le voile, après le Paradis... je vais m'y précipiter/plonger!

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  2. Bonjour, j'ai moi aussi beaucoup aimé Jack sur son rocher qui assiste à beaucoup de choses de loin. Ah le homard breton contre le homard canadien. Bonne après-midi.

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