mercredi 16 août 2017

Rencontres photographiques Arles 2017


Un festival de l'importance de Arles engendre le même genre de réflexion que celui de Cannes pour le cinéma ( prenez une voix traînant sur les "a"...) : "Pââârcourir cette quââârantaine d'expos nous donne vraiment une idée de l'étââât du monde ".Hormis le cliché du propos, je suis bien obligé de reconnaître que cela n'est pas faux.
Le simple amateur que je suis a donc déambulé dans les si authentiques rues d'Arles et, de lieu en lieu, a pu s'étonner, s'émerveiller, apprendre, mais aussi rester dubitatif ou ressortir déçu, comme dans tout bon festival.
Comment évoquer ce foisonnement offert à notre curiosité ? Par thème ? Par écho médiatique ? Par genre ? Pas facile... Je vais plutôt me contenter de diviser ces rencontres en deux parties distinctes : les expos présentées en ville ( et à l'abbaye de Montmajour) puis celles regroupées dans les ateliers.
Parlons d'abord des 4 ou 5 expos qui ont un peu eu les honneurs de la presse, comme par exemple " Un monde qui se noie" du photographe d'Afrique du sud Gidéon Mendel. Son cliché de ce couple anglais posant devant leur maison inondée dans le Surrey a pas été reprise dans la presse et représente parfaitement la désolation, le fatalisme et le silence  qui se dégagent  de cette accumulations de clichés de victimes d'inondation de par le monde. Notre regard s'imprègne de leur tristesse, prend également acte de cette multiplication de catastrophes, pense réchauffement climatique et ressort troublé. Pari gagné !
Je ne dirai pas la même chose de "Iran année 38", exposition attrayante par son objectif de nous offrir le regard de 66 photographes iraniens sur leur pays depuis que celui-ci évolue sous la révolution islamique. Seulement entre les clichés façon "reportage" et ceux plus créatifs et même si l'on perçoit bien le bouillon de violence, de répression, de résignation mais aussi de petite résistance du pays, le trop grand nombre d'artistes obligeant une représentation restreinte de leurs travaux nuit pas mal à l'ensemble qui du coup semble ne plus savoir à quel tchador s'attarder.
Mathieu Pernot, lui, a l'opportunité de s'exprimer grandement avec sa présentation de la famille Gorgan, gitans dont les magnifiques portraits laissent une forte impression sur le visiteur. Entre ethnologie et biographie photographiée, l'essentiel passe : le respect et la vie !
Plus peoples sont les travaux de Kate Barry ( défunte fille du Jane Birkin et de John Barry) et de l'actrice Audrey Tautou. Petites expos par la taille, la première émeut pour cette fascination des détails qui laissent entrevoir le destin  et la deuxième, entre jeu et narcissisme, amuse joliment.
Mais Arles 2017 ne se résume à quelques expos voulues phare. On trouve aussi de jolies surprises comme la rétrospective du japonais Masahisa Fukase et, entre autre, ses surprenants portraits de groupe, mais aussi l'installation ( si peu photographique) de Roger Ballen, dont l'extraordinaire mise en scène ne laisse personne indifférent ( de l'adoration à la répulsion) ou le formidable assemblage de 28 artistes colombiens sous le titre " La vuelta" qui prouve que malgré le nombre de photographes on peut réaliser une expo qui passionne et qui a vraiment de l'allure ( alors que l'autre expo compilation d'Amérique du Sud "Pulsions urbaines" déçoit énormément... Mais qui a disposé les cartels de cette façon ?!?) . On peut même être attiré par les clichés mi-morbides mi-peoples de Christophe Pihet sur les lieux d'accidents de voiture qui ont coûté la vie à des célébrités et par le forcément impliquant "Fifty fifty" de Samuel Gratacap sur les naufrages de migrants.
Par contre, je suis resté perplexe devant les travaux conceptuels de Dune Varela tout comme sur ceux de Blank Paper, collectif de photographes madrilènes dont les clichés allient froideur et prise de tête, impression accentuée par des cartels au verbiage parfois risible. Marie Bovo, avec "Stances", a sans doute pâti du lieu où sont exposés ses clichés de porte de train s'ouvrant sur la steppe, leur sensibilité et leur poésie se noient dans l'espace trop vaste de l'église des Trinitaires.
Et puis, les rencontres d'Arles se sont aussi des rencontres, parfois impromptues, comme celle faite au hasard d'une exposition avec un photographe amateur, venu présenter à quelques galeries son travail...sur les visiteuses d'Arles. J'ai eu le plaisir de regarder son travail qui dénote un vrai regard de photographe. ( Petit message personnel) : Merci Christian Gidon pour votre gentillesse et j'espère que "Arles avec elles" aura trouvé preneur !

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