mardi 15 août 2017

Une vie violente de Thierry de Peretti


La Corse et ses mouvement indépendantistes à la fin des années 90 sont ici contés au travers du parcours de Stéphane, jeune homme de bonne famille qui, autant par esprit bravache que par une mauvaise intuition, va se retrouver à livrer sur le continent un sac d'armes ayant servi à des attentats terroristes. Evidemment, il se fait prendre et atterrit en prison où de mauvaises rencontres vont le faire plonger à sa sortie dans un militantisme armé au moment où les organisations se séparent et sont gangrenées par la mafia et le trafic de drogues. La lutte contre l'ingérence française et ses puissances de l'argent qui veulent asservir et transformer la terre de leurs ancêtres en luna park pour touristes vire bien vite aux règlements de comptes internes et à une série d'assassinats.
Raconté comme cela, on pourrait penser que Thierry de Peretti déroule un polar noir à l'américaine, inspiré par le Coppola du Parrain ou le Scorcese des Affranchis. Détrompez-vous, même si quelques détails peuvent nous y faire penser, nous ne sommes pas dans une production américaine mais bien dans un film français d'art et d'essai qui justement fait dans l'art. Dans cette catégorie, on va prendre des poses auteuristes, donc éclater le scénario en pastilles expressionnistes, préférer les plans fixes qui s'arrêtent brusquement, accumuler des scènes proches du documentaire et bien souvent aux dialogues inaudibles, mettre un personnage principal falot ( et phallo aussi !) peu attachant  et parsemer le tout de citations historico/politiques piochées dans les déclarations de tout ce qui faisait pétarader les flingues dans l'île de beauté.
Le spectateur se trouve donc devant un film mal aimable, fronçant les sourcils en cherchant qui est qui, qui fait quoi, et pourquoi ? On voit bien toutefois que tous ces mouvements partent en vrille et que l'idée indépendantiste de départ se trouve reléguer aux oubliettes. Comme nous sommes obligés de prendre ce que nous donne le film et ayant fait le deuil d'une quelconque trame romanesque, les spectateurs observent s'agiter une bande de gars bas du plafond. Et du coup, ils se demandent comment avec de tels minables, aussi prétentieux que cons, pataugeant dans une tradition de vendetta aussi violente que débile (  tu as mal regardé ma soeur, paf ! t'es mort, tu ne m'as pas payé, paf ! tu crèves, ...), le mouvement indépendantiste puisse être aussi fort. Bien sûr, on aperçoit quelques têtes pensantes ( que l'on zigouille aussi), entourées de leurs gorilles et engraissées au racket, mais comme la caméra, très en distance,  s'attarde surtout sur ces pauvres crétins, l'intérêt va décroissant. Il faudra patienter jusqu'au dernier quart d'heure pour voir apparaître des scènes assez intenses dont deux très  réussies : celle d'un repas de femmes corses ( qui jusqu'à présent n'avaient eu droit qu'à des silhouettes variant entre la pouffe et la potiche) qui en dit très long sur l'ancrage des traditions locales et un beau travelling final qui arrive à nous émouvoir. Hélas, trop peu pour moi .... car au final je ne retiendrai de tout cela qu'un film assez rasoir dont les ambitions véritables sombrent dans un distanciation trop froide et maniérée.




2 commentaires:

  1. Bonjour Pierre, j'avais été voir ce film en lisant quelques critiques positives et le sujet est intéressant: je n'ai rien compris: qui était qui. Les trois quart des dialogues étaient inintelligibles. Je sauve seulement la scène avec les femmes autour de la table. Bonnne journée.

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  2. Je suis d'accord avec toi, avec le recul, le film peut se résumer ainsi !

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