mercredi 8 avril 2015

Anton est-il le plus fort ? d'Ole Konnecke


Bienvenue au pays des futurs machos ! Totalement imprégnés de l'éducation mâle reçue, Anton et Lukas ont décidé de se mesurer sur une thématique bien connue des cours de récréation : "C'est moi le plus fort!". Et comme ces deux garçons ont aussi de l'imagination, ils vont jouer de la surenchère rigolote pour prouver leur force. Quand l'un peut soulever une grosse pierre, l'autre peut jongler avec trois troncs d'arbre, du coup le copain peut porter un piano et ainsi de suite ... jusqu'à ce qu'un petit chien arrive. C'est un genre de roquet court sur patte à l'aboiement que l'on devine teigneux qui va mettre d'accord les deux garçons dans une fuite éperdue jusqu'en haut d'un arbre salvateur....
Après nous avoir enchanté avec ses albums précédents où il se coltinait des thèmes pas toujours faciles comme la jalousie, la mort ou l'illusion, Ole Konnecke, réussit encore un coup de maître mais avec un album que je qualifierai de "résistant" comme je les aime. Je m'explique. J'aime les albums pour enfants qui ne livrent pas du premier coup leur secret au jeune lecteur. (Olivier Douzou est un spécialiste de ce sous genre). Celui-ci en fait partie et peut être involontairement.
 J'ai présenté cet album à différents groupes d'enfants de cinq ans. Tous ont adoré l'histoire, ri comme tout à cette escalade verbale de jeunes coqs. S'ils ont bien compris le côté vantardise défait par l'arrivée du chiot, montrant que ces deux petits morveux  sont finalement comme tous les enfants,  assez peureux, ils n'ont pas saisi le côté fantasmatique des illustrations. Quand Anton et Lukas portent une grosse caisse ou un énorme marteau, l'auteur les a dessinés d'un trait simple et unicolore, marquant ainsi leur présence imaginaire. Seulement les enfants sont totalement dans l'histoire et dans une illusion cartoonesque. La différence de représentation leur échappe et ce n'est qu'après un petit questionnement, une petite remise à plat, que cet aspect irréel leur apparaît. Tout d'abord un peu déçus, ils reprennent l'album, avec une légère méfiance, pour finir par y retrouver le grand plaisir d'avoir TOUT compris, un peu comme des grands. Et ensuite, c'est encore plus merveilleux, parce que leur imaginaire est sérieusement titillé et c'est le départ pour l'aventure drôlement rigolote de jouer eux aussi à la surenchère!
Vous l'aurez compris, cet album est à double détente. Mais quelque soit le niveau de compréhension, je peux vous assurer qu'il fait mouche à chaque fois. Du coup, je pense que cet Anton là est le meilleur d'une série pourtant déjà formidable. . Vous pouvez le mettre entre les poings des petits gars mais aussi des petites nanas dès 4 ans !


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