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mardi 28 septembre 2021

La Voix d'Aida de Jasmila Zbanic


Donner envie d'aller voir un film sur le massacre de Srebenica reste une rude tâche tellement le public peut avoir envie de se changer les idées. Et pourtant, malgré ce thème guère réjouissant, on ressort de la salle un peu bousculé, ému et sans aucun doute bien plus vigilant sur ce qui se passe autour de nous, sentiments qui nous font sentir vivants et habitants d'un monde où le pire peut hélas arriver partout. "La voix d'Aida" nous rappelle qu'à 1800 km de Paris ( quasi rien de nos jours), en 1995, l'envie d'exterminer en masse un peuple a germé dans le cerveau d'un autre peuple. 
Sans revenir sur les causes multiples de ce conflit, le film nous plonge dans les quelques heures qui ont précédé ce massacre, en suivant une professeure d'anglais bosniaque, réquisitionnée par l'ONU pour servir de traductrice pour l'armée de casques bleus issue des Pays-Bas. C'est en choisissant l'histoire particulière de cette femme que Jasmila Zbanic nous fait pénétrer dans la grande Histoire tout en soulignant l'impuissance des forces de l'ONU, l'abandon de toutes les politiques internationales face à ce que tout le monde pressent voire sait. Et c'est bien parce que nous suivons tous les rebondissements qui jalonnent le parcours de cette femme à vouloir sauver son mari et ses deux fils d'une mort certaine, que le film fonctionne à plein. Il est en cela aidé par une mise en scène sèche, à l'os, nerveuse, intense qui, avec peu de moyens ( et pas de mal de pressions diverses car c'est une production en partie bosniaque) reconstitue ce camp où des milliers d'innocents attendent un sort qu'ils devinent funeste ( pour rappel plus de 8300 hommes et adolescents ont été abattus). La violence physique reste hors champ mais l'émotion nous cloue sur notre siège, la réalisatrice captant intensément ses multiples regards d'impuissance et de crainte autant que l'énergie du désespoir de son héroïne ( formidable Jasna Duricic).
Multi primé à juste titre dans de nombreux festivals ( et souvent prix du public, signe de qualité), "  La Voix d'Aida" est l'un des films qui vous retournera le plus cette rentrée, alliant histoire contemporaine et suspens avec un réel talent. Du cinéma fort, intelligent et indispensable. 





 

Tout s'est bien passé de François Ozon


Sans doute loin de rejoindre la liste des meilleurs films du réalisateur, "Tout s'est bien passé" peine à convaincre tant on sent les différents paramètres, souvent divergents, qui ont dû entrer sa fabrication.
Tout d'abord, c'est l'adaptation d'un roman éponyme absolument formidable d'Emmanuèle Bernheim par ailleurs amie et co scénariste de certains films de François Ozon. Entre amitié, envie de respecter le souvenir de l'auteure et complice aujourd'hui décédée et trahison obligatoire de l'adaptation, auxquels s'ajoutent cette envie de faire tourner toutes les grandes actrices du cinéma français ( cette fois-ci enfin Sophie Marceau avant Isabelle Adjani pour le prochain ...mais quand Virginie Efira ? ) et le désir de proposer un sujet de société fort ( choisir sa mort ) sans tomber dans un pathos absolu, force est de constater que le résultat donne un film hybride pas tout à fait convaincant. 
Evacuons tout de suite l'adaptation qui ne rend jamais ni la sécheresse et le rythme fou du roman, ni l'émotion qu'il suscitait pour regarder l'objet filmique. Nous avons tout d'abord le face à face  de deux comédiens, parfaits dans l'interprétation qu'on leur demande. On retrouve avec grand plaisir Sophie Marceau, quasiment de tous les plans et suivie amoureusement  par la caméra, magnifiquement belle qu'elle pleure, prenne des antidépresseurs ou fasse de la boxe et toujours au bord des larmes, ravalant ses émotions auprès de ce père aussi charmeur que sombrement égoïste qu'André Dussollier porte vers la comédie. Le décalage aurait pu jouer mais ici ne fonctionne pas très bien, le suicide assisté voulu par le père passe pour un caprice. Le comique et la tristesse finissent par annuler toute l'émotion du film qui finit par devenir un pseudo drame ( très) bourgeois consensuel, n'exploitant que peu les thèmes forts subrepticement évoqués. Les seconds rôles peinent à exister ( mais pourquoi avoir fait apparaître la mère, absente du roman, Charlotte Rampling avait besoin d'argent?), voire laissent perplexes ( Grégory Gadebois en gigolo ) ou repoussent un peu plus l'émotion ( Daniel Mesguisch en maître Kiejman...oui, on a l'avocat ad hoc à son milieu). 
S'il n'y avait pas Sophie Marceau ( et Géraldine Pailhas...notez au passage le petit hommage  à Claude Pinoteau qui a fait débuter ces deux comédiennes) pour illuminer ce film, "Tout s"est bien passé" ne mériterait qu'un intérêt discret. Le meilleur conseil que l'on puisse donner c'est de (re)lire le roman. 



dimanche 23 juillet 2017

Coeur croisé de Polo et Pan


Polo et Pan, c'est qui ? Deux trentenaires qui ont sorti un album foutraque ce printemps, un truc improbable classé "musique électronique" par itunes mais qui se révèle au final une sorte de bande son très estivale. C'est un cocktail de musiques variées, allant de la bossa nova électro à des morceaux vaguement plus expérimentaux, un peu bricolés avec un synthé et une boîte à rythme dans le garage de papy Jeannot à Limoges. Mais là au milieu on trouve aussi des chansonnettes, sans doute des clin d'oeil à toute cette pop des années 80 ( Ellie et Jacno, Arnold Turboust, Mikado, ...) mais aussi à Alain Chamfort ( avec une reprise trafiquée aux filtres de quelque ordinateur de "Chasseur d'ivoire") et si l'on tend l'oreille on se demande parfois si Dorothée ou Jordy ( mais si souvenez-vous de "Dur, dur d'être un bébé") n'ont pas été une source d'inspiration. Bref un concentré de sons piqués dans une frange marginale de la chanson française puis remixés façon décalé. Ce n'est pas du tout désagréable à défaut d'être totalement original. Je l'avoue, en mai dernier lorsque l'album "Caravelle" avait fait son apparition, mon oreille n'avait pas réellement tilté. Et puis, est sorti ce clip ! Et là, grâce aux  images bourrées de clin d'oeil et d'humour, on peut dire que j'ai adhéré. Je ne sais qui des couleurs chatoyantes, de la danse ou de son côté très très coquin ( les trois sans doute plus la conception franchement emballante) a fait la différence, mais un chose est certaine, "Coeur croisé " est pour moi le clip de l'été et l'assurance de garder un oeil sur cette paire de musiciens !
Du coup, je m'en suis allé sur You tube voir les nombreuses productions clipesques du duo. Bizarrement, le clip ci-dessus semble être celui qui a eu le moins de vues alors que le dernier, joli mais nettement moins original semble atteindre des sommets ... Jugez par vous même, "Plage isolée" se trouve juste en dessous !



vendredi 12 février 2016

Christine and the Queens - Here feat. Booba (Clip Officiel)


Ce clip, posté il y a trois jours par Christine and the Queens, a déclenché un torrent de critiques de la part de ses fans, bousculés de voir leur idole s'acoquiner avec Booba, rappeur à l'image bas de gamme, loin de l'univers intello et sophistiqué de la chanteuse. Cette dernière a du répondre aux nombreuses attaques,  Je cite : " Si je ne suis plus respectable après l'avoir invité lui, alors je préfère attendre de gagner le respect en continuant à faire bouger les lignes  " et de conclure : "Regardez une nouvelle fois le clip : il n'y a ici que Christine qui lutte et lutte encore."
Pourtant, à mon humble avis, le clip dit bien tout cela et dès la première vision. Christine fait bien bouger les lignes en collant Booba dans une de ses performances clipesques. Leur monde est tellement opposé que cette réunion tient plus du message, ô combien humaniste : nous sommes sur la même terre ( ici la même vieille  Mercedes rouge et bonne pour la casse), avec des moeurs, des idées vraiment différentes, mais essayons de cohabiter. (La prochaine fois, Christine envisage-t-elle un featuring avec Chantal Goya ? ) Je ne sais rien des relations qu'entretient Christine avec le rappeur, (d'ailleurs je m'en fous ) mais ce que je vois dans le clip est sans ambiguïté.
Ce long plan, ce lent mouvement vers cette bagnole au rythme du chant de Christine, est très beau mais sûrement très signifiant. Est-ce le symbole que si la marée monte encore ( ce que l'on ne sait pas mais qui est en suspend), tout sera englouti si l'on ne fait pas plus attention aux autres ? La mer délavera-t-elle, gommera-t-elle les différences ? Pour le moment, rien n'est moins sûr. Les deux protagonistes que l'on distingue plus nettement maintenant, ne sont mouillés aux pieds que par quelques vaguelettes. Christine, est assise, le visage fermé, regardant vers nous, l'oeil sans expression. A côté d'elle, Booba lui tourne presque le dos, ne regardant que l'écran de son portable, figure autistique et fermée à ce qui l'entoure. La caméra passe lentement sur Christine, toujours lointaine et lorsque la voix scandante et lourde  de Booba se fait entendre, la même caméra, qui pourrait alors caresser le rappeur, bifurque pour ne filmer que l'horizon gris de l'océan. Ce plan semble donc nous dire : " Ok,  je fais un effort pour m'acoquiner avec Booba, mais faut pas trop m'en demander. Je veux juste vous montrer que deux univers condamnés à être à jamais parallèles, peuvent  se rencontrer et cohabiter pacifiquement. Après le dialogue viendra peut être, mais va falloir qu'une vague lui nique son portable et qu'il me voit, non pas qu'une meuf peut être bonne, mais comme un être humain. Je ne suis pas une fée, juste quelqu'un qui essaie d'aller vers les autres et qui donc lutte contre les préjugés si nombreux en ces temps de migrations."
Au-delà des évidents clin d'oeil à Beyoncé et à Drake, cette réunion improbable sur cette épave de Mercedes (immatriculée en Charente, même pas dans le 93) est faite pour surprendre, faire causer ( et accessoirement laisser la chanteuse dans le flot médiatique ). Les réactions nombreuses montrent que Christine sait frapper juste là où ça fait mal et fait donc trembler les lignes, ce qui, me semble-t-il toujours été son propos. Certains parlent d'opportunisme ou de pâle copie, je dirai plutôt que ce clip à la fluidité cinématographique est l'expression d'une vraie sensibilité, inspirée par sa lutte contre les préjugés. Paroles de fan diront certains... 

jeudi 2 mai 2013

Collège boy d'Indochine et Xavier Dolan

Le clip disponible en début d'après midi ne l'est plus ce soir... Voici un lien où vous pouvez le visionner (jusqu'à quand ? )



Quand un grand cinéaste, Xavier Dolan ( Laurence anyways, Les amours imaginaires) met en images "Collège boy", le nouveau single d'Indochine, cela donne un clip hyper réaliste, dont la violence impressionne mais qui n'est hélas que le reflet de certains discours tenus lors du débat autour du mariage  pour tous. On parle déjà de censure, pour violence mais aussi, j'en suis sûr pour blasphème. A vous de juger. 

mercredi 16 novembre 2011

Non ho mai smesso de Laura Pausini

La carrière de Laura Pausini semble marquer le pas en France. Est-ce que ce nouveau titre, le deuxième extrait de son dernier album connaîtra une carrière aussi brillante que "Solitudine" ? A vous de juger avec ce clip façon flash mob tourné à Milan il y a une semaine...

lundi 7 novembre 2011

Alain Souchon - Le jour et la nuit (en studio)

Voici un premier extrait du nouvel album d'Alain Souchon qui sortira le 21 novembre prochain.
La thématique du disque est l'enfance et s'intitule "A cause d'elles". Il sera composé de chansons enfantines revisitées et de cet inédit composé avec son fils Pierre.

lundi 17 octobre 2011

Chanson de la semaine : Avant la haine par Alex Beaupain et Camélia Jordana

Extrait du dernier album d'Alex Beaupain, ce duo avec Camélia Jordana est en fait la reprise d'une chanson entendue dans le film de Christophe Honoré "Dans Paris", interprétée à l'époque par Romain Duris et Joanna Preiss.
La mise en avant de ce très beau titre est accompagnée par  un clip réalisé par Christophe Honoré. La classe!

lundi 26 septembre 2011

Chanson de la semaine : vendre les prés de jean Louis Murat

Jean Louis Murat sort son nouveau disque aujourd'hui, c'est son 19éme et il s'intitule "Grand lièvre".
Sort également sur la toile "Vendre les prés", un clip sur le monde rural d'aujourd'hui, dans le Cantal, sa région. C'est visuellement très beau et mais également troublant, très loin de l'esthétique "l'amour est dans le pré"...