Quoiqu'il en soit, "La femme de Tchaïkovski" ne laissera personne indifférent et c'est déjà l'essentiel. Sans doute un film prétexte pour se laisser aller à un cinéma inspiré mais aussi un peu grandiloquent, qui peut trouver autant d'amateurs que de détracteurs, une sorte de condensé de cette "âme russe".
dimanche 19 février 2023
La femme de Tchaïkovski de Kirill Serebrennikov
Quoiqu'il en soit, "La femme de Tchaïkovski" ne laissera personne indifférent et c'est déjà l'essentiel. Sans doute un film prétexte pour se laisser aller à un cinéma inspiré mais aussi un peu grandiloquent, qui peut trouver autant d'amateurs que de détracteurs, une sorte de condensé de cette "âme russe".
vendredi 10 février 2023
La grande magie de Noémie Lvovsky
vendredi 3 février 2023
Un petit frère de Léonor Serraille
jeudi 2 février 2023
Aftersun de Charlotte Wells
mardi 31 janvier 2023
La montagne de Thomas Salvador
lundi 30 janvier 2023
Tàr de Todd Field
Après "Babylon" la semaine dernière, sort "Tàr" une nouvelle machine à Oscars ( Cate Blanchett est archi favorite), oeuvre se situant à l'exact opposé dans le champ cinématographique. Autant le film de Damien Chazelle tente d'agripper le public façon fast food avec une succession de scènes faites pour l'épate immédiate mais sans rien pour l'esprit, autant celui de Todd Field prend le chemin inverse en n'étant jamais sympathique, jamais facile et cherchant plus à parler au cerveau.
"Tàr" débute comme un film bavard et intello puisque le personnage de Cate Blanchett, cheffe d'orchestre de classe internationale, répond à une longue interview sur la musique puis continue par un cours de direction d'orchestre devant des élèves obligés d'approuver ses nombreuses saillies pas toujours aimables. Les amateurs d'action sont déjà largués, les autres, qu'une presse dithyrambique a arraché à Netflix, commencent à se poser quelques questions... et ils n'ont pas fini de s'en poser. En effet, le film va nous raconter comment cette machine parfaitement huilée, maîtrisant tout avec hauteur et froideur, va petit à petit se dérégler. Dans des décors modernes, froids et impersonnel qui répondent au visage aussi froid de l'actrice ( mais où l'on va vite déceler quelques tics, rictus ) l'histoire va s'emballer petit à petit. Seulement, là où d'autres réalisateurs auraient expliquer tout de A à Z de façon didactique, Todd Field parie sur l'intelligence du spectateur, sa curiosité et, parsemant la chute de cette femme d'ellipses, d'éléments troublants ou un poil étranges, il amène le spectateur à se poser des questions auxquelles il ne donne apparemment pas la réponse. On sort de la salle plein d'interrogations et le film trotte dans nos têtes.
Evidemment, on est totalement épaté par l'interprétation magistrale de Cate Blanchett, ultra crédible en cheffe d'orchestre. A elle toute seule elle emplit l'écran et double le plaisir d'une mise en scène certes volontairement elliptique mais virtuose. C'est du vrai, du grand cinéma fait pour le plaisir de la réflexion, une oeuvre mystérieuse qui donne envie d'être revu car il est certain que l'on y découvrira des éléments qui nous avaient échappé à la première vision.
vendredi 27 janvier 2023
Festival 2023 Premiers Plans d'Angers (2)
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Cela est désormais habituel dans les (grands) festivals, les sections dites parallèles recueillent les petites pépites. Créée il y peu, la section "Diagonales" du festival Premiers Plans d'Angers a accueilli cette année les longs-métrages les plus intéressants, laissant à la compétition dérouler l'habituel cinéma psychologisant. Ainsi après l'envoûtant "Unrest", deux documentaires venus de l'Est ( mais produits par plein de pays européens ) nous ont enchantés. La salle était comble pour le documentaire ukrainien de Igor Ivanko "Fragile Memory", sans doute l'effet guerre ayant joué. Pourtant, le film n'allait pas vraiment vers une évocation de l'actualité ( ou à l'extrême marge) mais explorait de façon fort touchante le thème de la mémoire à travers le portrait du grand-père du réalisateur ancien grand chef opérateur de cinéma. A partir de pellicules endommagées retrouvées dans un hangar, le petit fils va partir à la recherche de tout ce que ce grand-père a filmé durant toute sa vie. Et quand l'un fait resurgir la mémoire du passé, celle du vieil homme s'estompe de plus en plus. Délicat, juste, passionnant, sans doute le film plus émouvant de ce festival.
Un peu plus à l'Est, en Russie donc, la réalisatrice Marusya Syroechkovskaya nous a proposé son "How to Save a Dead Friend" avec précaution. Exilée en Tchéquie et en Israël, fuyant le régime de Poutine, elle comprenait bien que, vues les circonstances, on n'avait peut être pas envie de nous apitoyer sur son personnage principal, moscovite de banlieue, drogué et dans l'autodestruction. Ce montage de vidéos prises durant toutes les années où la réalisatrice a vécu avec ce jeune homme dépressif ne va sans doute qu'accentuer les clichés que nous avons sur une jeunesse russe en plein désarroi et noyant son mal être dans l'alcool et la drogue. Cependant, avec ces scènes filmées à l'arrache, mais montées très efficacement, la réalisatrice nous plonge au coeur d'une vie russe sans aucun fard et parvient à rendre un très bel hommage à cet homme qu'un pays plongé dans la noirceur a poussé vers la mort.
Dans la compétition officielle, des films plus consensuels essayaient de défendre leur petite musique autour de thèmes rabâchés. "Tengo suenos electricos" de Valentina Maurel ( Belgique/France/Costa-Rica) nous narrait les affres d'une adolescente partagée entre ses parents divorcés et assez toxiques. Un peu répétitif, le film n'arrive jamais à s'extraire de son côté naturaliste, filmé comme un quasi documentaire, préférant allonger inutilement certaines scènes au détriment d'un réel point de vue. "Suro" de l'espagnol Mikel Gurrea, s'il bénéficie d'une belle mise en scène ample, hésite constamment entre le drame social voire le conte écologiste pour finir par choisir la beaucoup plus convenue crise du couple ou comment les épreuves vont peut être nous rabibocher. L'allemande Annika Pinske avec " Talking About the Weather", très inspirée d'Annie Ernaux, nous parle de honte sociale, de transfuge de classe, doublés en Allemagne par cette encore séparation entre Est/Ouest. C'est sensible, parsemé de petites scènes piquantes mais ne parvient pourtant pas à complètement emporter l'adhésion peut être à cause de cette volonté à vouloir faire à tout prix art et essai en prolongeant ( oui, ici encore) des séquences avec le sentiment qu'il faut qu'on lise le désarroi sur le visage de l'héroïne alors que tout était dit et bien reçu lors de la scène. "Tigru" du roumain Andréi Tanase s'essaie à l'originalité en mêlant une chasse au tigre dans les rues d'une ville roumaine et un couple en crise. Et qui emporte le morceau du thème le plus présent ? Le couple, hélas... Enfin, et c'est peut être le meilleur de cette dernière salve, "Chien de la casse" du français Jean-Baptiste Durand, a ému et enthousiasmé la salle. Partant pour être encore une histoire vue et revue autour d'une amitié très fraternelle entre deux jeunes un peu paumés, le film réussit très vite a sortir des sentiers battus avec un personnage principal surprenant et en distillant une jolie musique décalée. Le film tient surtout par la formidable interprétation de Raphaël Quenard à la fois drôle, agaçant et touchant qui a la chance d'avoir de bons dialogues à jouer.
Difficile de pronostiquer quelques résultats, mais Félix Moati ( membre du jury long-métrage) est remercié dans le générique de "Chien de la casse" ( qui ne démérite pas loin de là).... Sinon, comme d'habitude, le festival Premiers Plans continue à offrir aux cinéphiles et au public une remarquable programmation éclectique, apportant son lot de vedettes de Sandrine Kiberlain à.... François Hollande ( il accompagnait Julie Gayet) et son quota de belles découvertes. A l'année prochaine !
mercredi 25 janvier 2023
35ème festival Premiers Plans d'Angers
Dans la sélection officielle, nous en sommes à mi-parcours et, si le cru n'a sans doute pas encore donné tout son arôme, laissant espérer encore une vraie révélation, reconnaissons que les 5 films présentés ne déméritent pas. Tous font preuve d'une belle technicité, d'une jolie maîtrise mais labourent toujours un peu trop des sujets autobiographiques ou déjà maintes fois traités. Ainsi la fraternité ( ici littérale entre deux frères) est le sujet de "Chevalier noir" film franco/irano/allemand de Emad Aleebrahim-Dehkordi et "Nos cérémonies " du français Simon Rieth. Si le premier pêche par un scénario assez convenu que n'arrive pas à masquer une jolie mise en scène, le second, lui, retient l'attention par une idée scénaristique originale, une image travaillée mais n'échappe pas à quelques longueurs inutiles. On nous a parlé aussi de bobos trentenaires madrilènes et de leurs amours dans "Ramona" de l'espagnole Andréa Bagney, hommage appuyé à Rohmer ( en plus pêchu) ou à Mouret ( plus énervé), film bavard donc et qui tient grâce à la tchatche de son actrice principale Lourdes Hernandez. Un poil plus politique et réussi, le film français "Fifi" de Jeanne Aslan et Paul Saintillan, s'attaque avec beaucoup de justesse, de sensibilité et d'humour aux différences de classe et tire son épingle du jeu grâce à un bon scénario et à ses deux comédiens Céleste Brunnquell et surtout Quentin Dolmaire qui livre une interprétation qui devrait faire date dans sa carrière. Mais pour le moment, le film qui a le plus impressionné est sans doute "Aftersun" de l'anglaise Charlotte Wells, qui contrairement à ses autres confrères en compétition a choisi une narration plus personnelle et moins classique, parvenant avec un cinéma fait de petits détails à dresser le portrait magnifique d'un jeune père divorcé en vacances en Turquie avec sa fille de 11 ans. Même si le film souffre d'un quart d'heure de trop ( en retardant l'arrivée du film dans son vrai sujet), l'émotion était là, forte, et les chemins pris pour y amener le spectateur franchement originaux. Du vrai cinéma créatif !
samedi 21 janvier 2023
Babylon de Damien Chazelle
"Babylon", est un film assez schizophrène. Alors qu'il essaie durant plus de trois heures de montrer toute la magie du cinéma, avec un réalisateur jouant d'une caméra virevoltant dans des décors pharaoniques, enchaînant des scènes conçues pour en foutre plein la vue, l'unique et seul message qui ressort de ce maelström d'images, est que le cinéma est fini, fichu, kapout. Godard disait la même chose il y a quelques années sous la forme d'une sorte de projection diapos beaucoup moins onéreuse ( "Le livre d'images"), certes plus hermétique ( pour ne pas dire rasoir) et qui d'ailleurs inspire Damien Chazelle puisque une des dernières séquences du film ( son unique message donc) s'en inspire grandement.
Avant ce triste constat, le film reprend le thème principal de chefs d'oeuvre comme "Chantons sous la pluie" ou "Boulevard du crépuscule", la période charnière que fut le passage du muet au parlant. De ce qui est considéré comme un âge d'or, le film en compile tous les excès dans deux longues séquences survoltées, véritables vitrines du film. La vitrine est clinquante, forcément creuse puisqu'ici cette évocation n'a que pour but de montrer la maestria du metteur en scène. On ne s'ennuie pas mais le côté petit génie jouant des drones, des steadicams et du montage clipesque (même s'il se calme dans la deuxième partie du film) laisse entrevoir que malgré les évocations des célébrités de l'époque ( et pas que les acteurs !), il n'y a que la démesure qui fait office de cinéma. Et quand le filme plonge dans les entrailles de l'enfer, la symbolique démonstrative et appuyée finit de rendre l'ensemble pas des plus profonds.
On notera que le film permet encore une fois à Brad Pitt d'incarner un rôle à possible Oscar. Si Margot Robbie est impeccable dans la démesure, son physique très actuel est parfaitement anachronique dans les années 30. Si je devais faire un comparatif avec le fadasse précédent film de Damien Chazelle ( "La la Land" ), je dirai en progrès.
dimanche 8 janvier 2023
Joyland de Sahim Sadiq
Cet été là d'Eric Lartigau
Les survivants de Guillaume Renusson
Venez voir de Jonas Trueba
mercredi 21 décembre 2022
Tempête de Christian Duguay
mardi 20 décembre 2022
Le parfum vert de Nicolas Pariser
Ca démarre très bien, à cent à l'heure (là, vous sentez déjà venir le "mais", le bémol, alors que face à l'écran on pense vite fait : "Pourvu que ça dure"). Un premier plan d'un femme marchant filmée de dos n'est pas original mais l'oeil se focalise sur son chignon très hitchcockien, très bon signe. Puis l'aventure commence, à toute allure, ne laissant guère le temps de souffler, ni de s'arrêter sur les ficelles du scénario, tout juste note-t-on que Vincent Lacoste est un peu habillé comme Tintin. La référence BD sera confirmée par la suite avec une évocation de Raymond Macherot le génial créateur de Sibylline ( hélas trop méconnu) et par le personnage de Sandrine Kiberlain, autrice de romans graphiques. Disons que toute le première moitié du film nous fait retomber en enfance comme lorsque l'on se passionnait pour ( par exemple ) "Le lotus bleu" ( "Le parfum vert"...vous voyez le clin d'oeil ? ). C'est vif, sans chichi, bien mené, bien joué.
Hélas, ça ne dure pas. Arrivé à la moitié, le film se met à être bavard, ( comme si Nicolas Pariser voulait donner du fond comme dans ses films précédents), repoussant artificiellement le moment de la grande scène finale, largement inspirée de "L'homme qui en savait trop" voire de "To be or not to be". La référence est imposante et, force est de constater que Nicolas Pariser n'arrive pas à rivaliser. Sortant d'un film très porté sur les dialogues ( "Alice et le maire" ), nous avons droit à une pâle scène de peu d'intensité.
On reconnaîtra à Nicolas Pariser de vouloir sortir de sa zone habituelle de confort mais son essai n'est qu'à moitié convaincant. Cependant, on note dans ce film une petite touche assez originale pour le cinéma français toujours très conservateur, quelque chose de rare, signe que les choses changent. Pour une fois, les deux héros vont finir dans les bras l'un de l'autre à la fin. Vous voyez l'originalité ? Kiberlain/Lacoste,... un quart de siècle d'écart d'âge... Les actrices bankables peuvent donc désormais, à l'écran, prétendre rendre fou d'amour un jeunot. Bravo !
samedi 3 décembre 2022
Fumer fait tousser de Quentin Dupieux
Ce qui pouvait manquer dans les derniers longs de Quentin Dupieux, c'était un sentiment de bonnes idées, un peu étirées pour parvenir à un long-métrage. Cette fois-ci, le prolifique Dupieux ne rend pas une copie plus longue qu'à l'habitude mais prouve qu'il a beaucoup d'idées pour des courts-métrages et qu'il réunit ici dans ce qui ressemble beaucoup à un film à sketches. Le thème principal arboré sur l'affiche est une sorte de pastiche de super héros, ici mis au vert pour recohésion du groupe, qui, pour passer le temps, se raconte des histoires horrifiques. L'histoire des 5 personnages moulés dans des combinaisons ringardes n'impressionne guère si ce n'est par quelques répliques ici ou là bien senties. Heureusement, elle est entrecoupée de deux histoires assez gores à l'humour absurde réjouissant. Ce sont surtout ces deux moments là qui font le sel de l'ensemble. Le reste, malgré un casting impressionnant, n'arrive pas à offrir le sentiment d'avoir vu un film cohérent et inoubliable. Toutefois, il est plaisant d'avoir un réalisateur à l'univers décalé, décapant. ce n'est pas toujours entièrement réussi mais cela finira bien un jour par payer.
lundi 28 novembre 2022
44ème festival des trois continents, Nantes 2022
dont l'extrême mise en scène n'arrivait pas à cacher un scénario un peu conventionnel, ont tous su nous faire voyager, réfléchir. A contrario, si l'on a eu une impression de voyage avec le film vietnamien de Bui Thac Chuyen "Cendres glorieuses" , son scénario peu lisible autour de passions dévorantes ( et inflammables) n'a pas trouvé que des défenseurs. On attendait beaucoup du film de la brésilienne Julia Murat et son "Rule34", léopard d'or au dernier festival de Locarno. Le sujet, gonflé, d'une étudiante en droit assez bcbg le jour, arrondissant ses fins de mois, la nuit, en excitant du bonhomme sur le web et tombant petit à petit dans l'envie de relations sadomasochistes, avait tout pour exciter le public. Le film tient pas mal ses promesses, est bien pêchu, mais aurait sans doute lui aussi gagné à être un poil resserré niveau rythme pour complètement convaincre. A ce jeu de l'étirement, il y a pour moi un vrai gagnant, celui qui, si je devais voter emporterait haut la main ma voix, je veux parler du film iranien "Scent of wind" de Hadi Mohaghegh, qui avec une petite histoire toute simple d'entraide entre un ingénieur/réparateur en électricité et un handicapé veuf et s'occupant d'un enfant malade au fin fond du fond des montagnes iraniennes( ok, le sujet n'engendre pas la rigolade) m'a littéralement ébloui et bouleversé. Très grande beauté des plans, quasiment pas de dialogue, un regard d'une grande humanité font de ce film un petit chef d'oeuvre de poésie, qui arrive également à nous donner, en douceur, un image de l'Iran aux profondes inégalités. Pour moi, c'est la Montgolfière d'or ....
Bande annonce bien silencieuse de "Scent of wind"....



















