vendredi 30 janvier 2015

Snow Therapy de Ruben Ostlund


Des bobos suédois, bien propres sur eux, s'en vont au ski dans les Alpes. Les descentes sur la poudreuse au soleil leur font oublier le stress du quotidien, surtout au mari qui a décidé de se consacrer entièrement à sa famille. Mais voilà qu'au cours d'un repas sur une terrasse en haute altitude, une avalanche  vient perturber le déjeuner, faisant prendre conscience que la nature n'est pas leur amie. Cet incident aurait pu être juste une anecdote que l'on prend plaisir à raconter à ses amis si la réaction du mari n'avait pas froissé l'épouse. Son mari, sûrement vénéré comme un viking, au lieu de protéger femme et enfants, a fui lamentablement, abandonnant sa famille à un son triste sort.
Entre le déni du mari d'être un pleutre, et la rancoeur de sa moitié complètement outrée de son comportement. le couple va peu à peu s'enfoncer dans la désagrégation.
Bon je suis un mec, pas viking, pas plus courageux qu'un autre et j'avoue ne pas avoir trop compris où ce film voulait en venir. Il est question d'image du mâle contemporain, qui n'a guère de moments pour montrer sa bravoure. mais qui, confronté à une situation extrême, se révèle inapte à la survie de sa tribu. Pas étonnant dans un monde individualiste, où le travail brise les cerveaux au nom de l'économie productive ! Du coup, une crise existentielle va ronger l'homme suédois, incapable d'affronter cette faiblesse. La femelle occidentale est aussi sur le même schéma préhistorique. Elle a  fondé une famille avec un mâle forcément dominant, qui va la protéger, elle et sa progéniture. Et quand il y a une faille qui vient rogner cette image ancestrale, elle ne s'en relève pas !
Je dois être un cas à part car je ne me fais aucune illusion quant à mon supposé courage.J'aurai peut être fait la même chose que le personnage principal du film. En aurai-je été retourné ? Je n'en sais rien.Ma compagne m'a -t-elle choisi pour mes capacités à la défendre contre les prédateurs ? Si j'en juge par son regard dubitatif quand je lui pose la question, il semble que la base de notre relation soit posée sur autre chose qu'une vieille théorie un soupçon machiste.
Alors, pour moi spectateur au final peu concerné, j'ai regardé tout cela d'un oeil morne. Tout ce déballage de doutes, de pleurs, de cris, enveloppés dans des plans froids et géométriques, accompagnés d'une musique pompeuse de Vivaldi et par de longs plans de canons à neige et de station illuminée dès que le soir tombe ont fini par me lasser très vite. Quelques scènes sont bien vues, notamment la confrontation entre l'épouse et une femme plus libre qu'elle, qui laissait présager une piste un peu plus moderne mais celle-ci restera lettre morte.
Ce récit d'un couple en proie au doute reste cependant bien observé même si le point de départ me semble tiré par les cheveux et un poil exagéré. Servi par de bons acteurs, le film se laisse regarder sans jamais parvenir à passionner.


1 commentaire:

  1. J'ai par contre assez aimé ce dynamitage familial sur un mode un peu mineur mais que j'ai trouvé assez universel. Chronique prochaine sur mon blog.

    RépondreSupprimer

Gabrielle Chanel , manifeste de la mode

 Une foule essentiellement féminine, gentiment rangée sur le trottoir devant le palais Galliera, patiente pour pénétrer dans l'expositio...